Montréal

Les appuis à une enquête publique se multiplient

La décision de la Sûreté du Québec (SQ) de demander au procureur François Brière d’agir en tant que conseiller dans l’enquête sur la mort de Fredy Villanueva, abattu par un policier de Montréal le 9 août, ne semble pas avoir suffi pour calmer la grogne des groupes qui réclament la tenue d’une enquête publique.

Le Regroupement d’intervenants d’origine haïtienne de Montréal-Nord est venu, hier, grossir les rangs des opposants à l’enquête menée par la SQ.

«Ce n’est pas une question de faire confiance à la police ou non, a indiqué Don Harley Fils-Aimé, porte-parole du Regrou­pement. Mais une enquête publique serait plus transparente.»

La Fédération canadien­ne des relations racia­les (FCRR), le Forum musulman canadien (FMC) et la Chaire de recherche sur l’immigration, l’ethnicité et la citoyenneté (CRIEC) de l’UQAM ont quant à eux réaffirmé leur volonté qu’une enquête publique et indépendante être soit sur pied.

«Il est faux de croire que le simple fait d’ajouter un civil [voir encadré] à l’enquête règle le problème, a déclaré à Métro le directeur général de la FCRR, Ayman Al-Yassini. Il s’agit encore d’une enquête menée par des policiers sur les actions d’autres policiers. Dans le passé, on a vu que les conclusions de ce genre d’enquête semblent souvent manquer d’impartialité.»

Revoir la procédure
Plusieurs groupes, dont la CRIEC, le FMC et la Ligue des droits et libertés, ont encouragé le gouvernement à revoir la procédure d’enquête d’un corps policier par un autre corps policier, une procédure qui soulève, selon eux, les questions de l’éthique et du conflit d’intérêt.

«Au fond, il s’agit d’avoir un système beaucoup plus transparent sur le plan des enquêtes pour des incidents comme celui de Montréal-Nord, a expliqué Jean-Claude Icart, de la CRIEC. Présentement, le système est problématique. La population a souvent le sentiment que les policiers vont se protéger entre eux. Certains diront que c’est un problème de perception, mais la perception est importante dans ces dossiers.»

M. Icart a toutefois rappelé que le gouvernement avait d’autres urgences, outre la procédure d’enquête. «Il ne faudrait pas uniquement se concentrer à donner des réponses judiciaires à des problèmes sociaux, a-t-il souligné. Il y a plusieurs dimensions, dont le décrochage scolaire, la pauvreté, l’exclusion sociale et la délinquance, qui méritent autant d’attention.»

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