Soutenez

La nature sauvage à Montréal: il était une fois dans l'Ouest

Qui eût cru que l’ouest de l’île de Montréal abritait une espèce préhistorique de poisson et des fossiles vieux de 450 millions d’années, et qu’y subsiste encore, à deux pas d’un immense projet de condos, la plus grosse colonie connue de couleuvres brunes au Québec? Suivre Patrick Asch, biologiste et président fondateur d’Héritage Laurentien, c’est assurément aller de découverte en découverte.

1. Parc des Rapides, arrondissement de LaSalle
Sur les vestiges d’une des plus anciennes centrales hydroélectriques en Amé-rique du Nord (1897), Héritage Laurentien, un organisme voué à la protection et à la mise en valeur des milieux naturels, a développé un parc à la biodiversité remarquable.

Là où le commun des mortels voit un peu d’eau qui bouge, Patrick Asch décèle, sous la surface, un lépisostée osseux. Ce poisson préhistorique aux dents acérées est un redoutable prédateur vieux de plus de 100 millions d’années. «On dénombre près de 70 espèces de poissons ici. La plupart sont comestibles si on respecte les règles de consommation», note le jeune biologiste qui déplore que les Mont­réalais aient encore l’image d’un fleuve pollué.

Depuis que le site a été réhabilité, la tortue peinte, la tortue serpentine et la tortue géographique y logent. Sur l’île située au milieu des rapides, on dénombre désormais une colonie de 1 000 hérons «une des 10 plus grosses en Amérique du Nord», selon Patrick Asch, qui pense que la réhabilitation devrait préoccuper davantage les décideurs.

«Réhabiliter un espace naturel peut augmenter la valeur foncière des maisons de 5 à 32 %. Cela fait donc plus de taxes pour les municipalités. Alors, pourquoi les politiciens n’en font-ils pas plus pour protéger l’environnement», s’interroge-t-il.

2. Île des SÅ“urs, arrondissement de Verdun
Qui sait qu’entre la rive ouest de l’île des SÅ“urs et un tout nouveau projet de condos se trouve la plus grosse colonie connue de couleuvres brunes, une espèce à statut précaire au Québec?

«Probablement personne, même pas les résidants du coin», rigole M. Asch. Avec plusieurs membres d’Héritage Laurentien, il a déplacé, à la suite d’une entente avec le ministère de l’Environnement, plus de 400 des couleuvres avant qu’elles ne se fassent écraser lors de la construction du projet immobilier. En fouillant dans les herbes, sous un sac-poubelle, il ne lui faut d’ailleurs pas plus de cinq secondes pour en trouver un spécimen.

Et il ne lui en faut pas plus de dix pour perdre son calme légendaire quand il voit qu’une partie de la zone où ils avaient déposé les couleuvres a été remblayée pour effectuer le terrassement de part et d’autre d’une nouvelle piste cyclable. «Cet animal se déplace très lentement, de 300 m par an environ. Ils ont dû en enterrer plein là-dessous. C’est dommage après tout ce travail fait avec le promoteur.»

3. Parc du Cheval blanc, arrondissement de Pierrefonds-Roxboro
En longeant les berges de Pierrefonds, si le niveau de l’eau n’est pas trop haut, on aperçoit différentes couches de roches. Comme il s’agit d’un des rares endroits de l’île de Montréal, où les berges n’ont pas été remblayées, on peut y voir une partie de l’histoire géologique de la métropole. Le temps où Montréal était une zone presque totalement recouverte par les eaux est déjà bien loin. «Ici, on retrouve des fossiles vieux de 450 millions d’années», explique Patrick Asch qui a déjà sorti d’ici un fossile entier de céphalopode, l’ancêtre de la pieuvre.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.