Montréal

Sarah Charland-Faucher, consultante socialement responsable

Pour Sarah Charland-Faucher, consommer de façon responsable, c’est réfléchir aux impacts sur l’environnement. Mais c’est aussi penser aux travailleurs qui sont derrière les biens que l’on achète tous les jours.

«Je n’ai jamais senti qu’il y a les autres et nous, explique la diplômée en science politique de l’UQAM. J’ai toujours senti qu’on vivait tous sur la même planète et que ça n’avait pas de bon sens que mes vêtements soient faits par des enfants ou des gens exploités.»

En Colombie, pays qu’elle affectionne beaucoup, des milliers de travailleurs se tuent quotidiennement à la tâche pour cultiver des fleurs destinées à l’exportation. Dans une lettre adressée aux médias, à l’occasion de la Saint-Valentin, Sarah Charland-Faucher relatait que «la sous-traitance, les salaires nettement insuffisants, les graves problèmes de santé dus aux produits chimiques, de salubrité et de sécurité, les congédiements injustes et les heures supplémentaires excessives […] sont au lot des problèmes générés par les secteurs de la floriculture.»

Le voyage des fleurs de Colombie (deuxième plus grand exportateur) jusqu’en Occident, Sarah Charland-Faucher le raconte dans un documentaire à venir intitulé À fleur de peau, un bouquet de la Colombie. L’histoire de 13 Colombiens y est exposée.

«Le film dénonce un peu, mais il rapporte surtout la force de ces travailleurs et le fait qu’ils s’organisent», indique celle qui a étudié un an en Colombie.
«Après le film, tu vas avoir de la misère à acheter des fleurs», ajoute-t-elle tout de go.

Écoresponsable non radicale
Si Sarah Charland-Faucher veut sensibiliser les gens à la consommation responsable, elle n’en fait pas une obligation. «Je trouve que c’est plus important qu’une personne écrive à Kellogg pour leur dire « j’aimerais que les OGM soient étiquetés » ou « j’aimerais qu’il n’y ait plus d’OGM dans vos produits ». Je trouve que l’action est plus importante que l’abstention, sauf pour ce qui est de diminuer sa consommation», expose la consultante du Centre international de solidarité ouvrière.

Bien qu’elle voudrait que tous soient davantage sensibilisés à la consommation responsable, Sarah Charland-Faucher sait que c’est un travail de longue haleine. En même temps, il y a urgence, selon elle.

«Il y a une statistique qui m’a beaucoup marquée, qui disait que si tout le monde consomme comme des Canadiens ou encore pire comme des États-Uniens, on aurait besoin de 4,5 planètes de plus», rapporte-t-elle.

Au-delà de la consommation responsable, il y a la nécessité de vivre ensemble dans le respect de chacun. Et c’est ce qui importe surtout à Sarah Charland-Faucher.

La rubrique Jeunes leaders de demain fait relâche pour l’été. Elle sera de retour
le 2 septembre.

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