«Le ministre Bolduc doit agir maintenant»
«Les infirmières n’en peuvent plus… À la limite, la vie des patients est en jeu», a affirmé hier la présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Francine Lévesque, réclamant, de concert avec deux syndicats de l’hôpital Sacré-CÅ“ur, une intervention rapide du ministre de la Santé, Yves Bolduc, le seul qui a l’autorité ultime auprès de la direction du centre hospitalier «pour éviter le pire à l’urgence».
«Fort heureusement, le pire n’est pas arrivé, mais le jour où les infirmières vont faire des erreurs, c’est elles qui vont en payer le prix», a poursuivi Mme Lévesque.
La fin de semaine dernière, seules 8 infirmières assuraient le quart de nuit pour une soixantaine de patients à l’urgence, alors que la capacité d’accueil est de 46 patients et qu’elles devraient être au moins 18 pour le faire. Samedi à minuit, des infirmières ont même refusé d’entamer leur quart de nuit tant qu’elles n’auraient pas de renfort.
«Ça fait deux ans qu’on dénonce la situation de pénurie de personnel aux urgences, se désole la présidente du syndicat des infirmières de l’hôpital, Lise Thérrien. La direction repousse sans cesse nos rencontres pour discuter des moyens concrets à mettre en place en ce qui a trait à la réorganisation du travail.»
Surcharge de travail
Selon elle, les infirmières, constamment en surcharge de travail et sollicitées pour du temps supplémentaire, se sentent carrément prises en otages. Depuis septembre dernier, neuf infirmières du quart de nuit ont démissionné pour aller travailler ailleurs. Sept autres du quart de soir seraient aussi sur le point de partir.
«On en a, des solutions, mais la direction aime mieux faire affaire avec Mac Kenzie [une firme externe en gestion de crise] plutôt que d’écouter ce que nous avons à proposer», a dénoncé la vice-présidente responsable du personnel en soins infirmiers de la FSSS-CSN, Nadine Lambert.
Pour sa part, la direction de l’hôpital dit vivre une pénurie de personnel, mais dit mettre tout en Å“uvre pour maintenir des services qui répondent aux besoins de la population, bien que son urgence soit l’une des plus achalandées de Montréal.