Un itinérant chez soi à Noël?
Pourquoi ne pas inviter chez soi une personne de la rue pour le souper de Noël? Voilà l’appel que lance Pierre Anthian, qui cherche à jumeler, pour la deuxième année consécutive, des familles avec des sans-abri.
L’année dernière, Mairie Christmas avait permis une douzaine de jumelages. «Il s’agit de réconcilier deux populations qui se tournent le dos», confie Pierre Anthian, qui est aussi à l’origine de la fameuse Chorale de l’Accueil Bonneau.
L’expérience a aussi permis de casser les préjugés et de mettre du baume au cÅ“ur de ceux qui vivent dans la rue. «La période de Noël est difficile pour eux, car leur misère ressort d’autant plus devant le bonheur des gens pendant le temps des Fêtes», dit-il.
Effet thérapeutique?
Sans vouloir jouer les spécialistes de l’âme, Pierre Anthian estime que ce type de rencontre peut avoir une valeur thérapeutique. «Souvent, les gens de la rue ont eu des expériences familiales difficiles, alors ressentir l’amour d’une famille, c’est pour eux comme une trêve dans une guerre de tranchées», ajoute-t-il.
Pour servir de «trait d’union», le prothésiste dentaire a dû calmer les petites anxiétés venant des deux côtés. «En plus des considérations vestimentaires, les invités craignaient d’être jugés et se demandaient quoi offrir, alors que les familles avaient plutôt des questions d’ordre alimentaire.»
Côté alcool, tout s’est fait dans la sobriété, précise Pierre Anthian. Preuve de la réussite de l’idée, le contact a été gardé dans bien des cas. «Souvent, on pense que le dossier de l’itinérance est entre les mains de nos élus, des programmes sociaux, des travailleurs de rue ou de la baguette magique de l’argent. C’est en fait l’affaire de tous», conclut-il.
Pierre Anthian: pierreanthian@msn.com