La Ville a perdu 26 M$, clame Projet Montréal
Montréal aurait perdu au moins 26 M$ en vendant l’ancienne gare Viger au rabais à un gros investisseur, dénonce Richard Bergeron, chef de Projet Montréal.
L’administration Tremblay, qui est accusée de manque d’éthique dans ce dossier, réfute cette «théorie du complot».
«La Ville a abdiqué ses responsabilités», accuse M. Bergeron qui égratigne aussi au passage le maire de l’arrondissement Ville-Marie, Benoit Labonté. En se basant sur trois méthodes de calcul et en comparant trois ventes récentes réalisées par la Ville, M. Bergeron arrive à la conclusion que l’édifice patrimonial aurait dû être vendu 40 M$.
Or, la Ville l’a cédé à un consortium d’investisseurs pour 9 M$ et a dû payer 1 M$ pour relocaliser le CPE qui s’y trouvait. Si elle a ensuite obligé les investisseurs à investir 6 M$ dans des projets locaux, elle perd quand même 26 M$ dans cette affaire. «Il aurait fallu procéder par appels d’offres au lieu de vendre le terrain de gré à gré sans savoir quel était le projet», pense Richard Bergeron, qui parle de «favoritisme éhonté».
Rappelons que le projet de 400 M$ de Viger DMC international, dans l’est du Vieux-Montréal, prévoit la rénovation de l’édifice en hôtel avec des commerces et la création de deux tours d’habitation et d’un stationnement souterrain de 1 600 places. «Si la ville avait des projets de planification pour ses terrains, elle pourrait choisir les meilleurs projets de développement pour chacun d’eux, au lieu de faire de l’aplaventrisme.»
«M. Bergeron réinvente un certain nombre de faits», rétorque André Lavallée, responsable de l’urbanisme au sein du comité exécutif. Il précise que certaines contraintes (conservation du bâtiment et désamiantage) influencent notamment la valeur marchande et que la Ville peut avoir recours à des ententes de gré à gré. Il conclut que la «Ville et la communauté tireront un très grand bénéfice de ce projet».