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Le vote sur l'interdiction du port du masque remis à plus tard

L’adoption d’un amendement qui aurait mené à l’interdiction de porter un masque lors d’une manifestation à Montréal est remise à plus tard. Le vote n’aura pas lieu lors du prochain conseil municipal de la Ville de Montréal, prévu lundi.

Claude Dauphin, président du comité exécutif et responsable de la sécurité publique à la Ville de Montréal, a annoncé aujourd’hui vouloir faire examiner plus en profondeur certains aspects du projet d’amendement du règlement sur la Prévention des troubles de la paix, de la sécurité et de l’ordre public et sur l’utilisation du domaine public.

«Nous avons consulté à nouveau et l’ensemble de nos échanges nous ont permis de constater que certains aspects du règlement demeurent imprécis. Comme notre objectif est de fournir de bons outils à nos policiers qui auront à appliquer ce règlement et aux tribunaux à le sanctionner, il nous apparaît important de réexaminer notre projet d’amendement et de le soumettre à nouveau à la Commission de la sécurité publique pour une nouvelle évaluation», a fait savoir M. Dauphin dans un communiqué.

Déception chez les policiers
De son côté, la Fraternité des policiers et policières a réitéré son appui au projet, et insisté pour que le conseil municipal adopte un tel règlement le plus tôt possible.

«Ce n’est ni la liberté d’expression ni le droit de manifester qui sont visés par cet amendement. Ce sont clairement les casseurs, les gens qui s’insèrent dans les manifestations pacifiques dans le but de casser, défoncer et brûler du matériel, ou carrément s’en prendre aux policiers et aux citoyens», a répliqué le président de la Fraternité, Yves Francoeur. «Par expérience, nous savons que si nous avons la possibilité de leur demander de se démasquer, et, dans un deuxième temps, de s’identifier s’ils refusent de le faire, les bris et la provocation vont considérablement diminuer», a-t-il soutenu.

L’opposition demande une consultation
Benoit Labonté, chef de l’opposition officielle, a accueilli favorablement la décision de retourner à la Commission de la sécurité publique pour l’examen du projet. Il demande toutefois au maire Gérald Tremblay de tenir une séance publique de la Commission afin de donner la parole aux citoyens sur un projet de règlement qui déjà suscite la grogne.

«Par respect envers les citoyens et dans l’intérêt de la démocratie montréalaise, force est d’admettre que la tenue d’une séance publique est nécessaire, et se révèle des plus appropriés et des plus porteuses, particulièrement dans le contexte actuel où ce dossier crée déjà de nombreuses insatisfactions», a soutenu M. Labonté.

Plusieurs groupes de défense des droits avaient dénoncé aujourd’hui la volonté de la Ville de Montréal d’interdire le port d’un masque pendant les manifestations. Un regroupement demandait ainsi le rejet du projet de règlement
interdisant les masques lors de manifestations.

Parmi les groupes impliqués dans cette action, on compte la Ligue des
droits et libertés, le Centre de recherche-action sur les relations
raciales, le Collectif Action Autonomie pour la défense des droits en
santé mentale et le Conseil central de Montréal de la CSN.

Ces groupes en ont également contre la demande de la Fraternité des policiers et policière de Montréal qui souhaite obtenir le pouvoir de sanctionner les insultes proférées contre ses membres.

Ces projets «portent gravement atteinte à la liberté d’expression et risquent par ailleurs de pénaliser outrancièrement des groupes déjà marginalisés», peut-on lire dans un communiqué émis par la Ligue des droits et libertés.

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