Québec nomme un conciliateur pour le conflit au Journal de Montréal
Le ministre du Travail, David Whissel, a nommé hier Pierre-Marc Bédard comme conciliateur dans le conflit opposant Quebecor aux journalistes du Journal de Montréal.
Le ministre a ainsi réagi en quelques heures à peine à la demande du Syndicat des travailleurs de I’information du Journal de Montréal (STIJM), hier avant-midi.
Les négociations entre Quebecor et ses syndiqués sont rompues depuis le 18 novembre, et les syndiqués craignent que Quebecor décrète un lock-out au terme de leur convention collective, soit le 2 janvier.
«Le fossé est énorme entre les demandes patronales et celles des employés. Nous, ce que nous voulons, c’est donner une nouvelle chance à de vraies négociations», a souligné le président du STIJM, Raynald Leblanc, hier.
Quebecor veut notamment abolir une quinzaine de postes à la rédaction et augmenter de 25 % la semaine de travail sans compensation, ce qui équivaut selon le syndicat à une diminution de salaire de 20 %.
La CSN, qui représente les syndiqués du Journal de Montréal, est heureuse de la rapidité avec laquelle Québec a réagi, a dit hier à Métro Louis Serge Houle, du service des communications de la CSN. «Un conciliateur a pour mandat de rapprocher les deux parties, et c’est ce dont on a besoin», a-t-il commenté.
Prêts pour une longue bataille
Selon les syndiqués, Quebecor se prépare depuis longtemps à un éventuel conflit de travail. «Depuis l’an dernier, le nombre de postes de cadres au Journal est passé d’environ 15 à 24, on a doublé ou presque le nombre de journalistes au 24 Heures, une autre entité de Quebecor… Tout est en place pour que Le Journal de Montréal continue d’être publié», a estimé M. Leblanc.
«La décision rendue lundi par la Commission des relations du travail concernant l’utilisation de briseurs de grève pendant le lock-out au Journal de Québec devrait toutefois nous aider dans cette bataille», a poursuivi le président du STIJM.
Advenant un lock-out, les syndiqués se disent prêts à faire face à un long conflit. Ils affirment qu’ils disposent d’un fonds de grève leur permettant de tenir le coup au moins deux ans. «Ça, ils le savent. Mais c’est très long de faire pendant deux ans un journal sans journalistes», a commenté M. Leblanc.
Perte de 600 emplois chez Sun Média
Pratiquement au moment même où les syndiqués tenaient leur point de presse, Corporation Sun Media, une filiale de Quebecor, annonçait qu’elle supprimait 600 emplois, soit environ 10 % de ses effectifs, dans ses journaux du Québec, de l’Ontario et de l’Ouest du pays. Ces coupures permettront à l’entreprise de s’adapter aux mutations que connaît actuellement l’industrie des journaux partout dans le monde, selon le communiqué publié par Sun Media. L’entreprise évoque aussi le ralentissement économique, une baisse des revenus et une hausse des coûts.