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Un camion à ordures pour changer le monde

C’est le jour de la collecte des déchets. Le camion à ordures est arrêté devant une résidence. Pen­dant que son compacteur s’attaque aux détritus, de la fumée noire s’échappe de ses entrailles.

Cette scène se répète des milliers de fois par semaine à Montréal et dans la province. Mais le scénario pourrait bientôt changer grâce au travail de David Arsenault, de Dany Fouquet et de Benoit Lacroix.

Les trois jeunes ingénieurs diplômés de l’École de technologie supérieure (ETS) ont décidé de fonder, en janvier 2006, la compagnie Effenco. Quelques mois plus tard, le projet qui les porte encore aujourd’hui avait été trouvé: Effenco développerait un système hybride destiné aux camions à ordures.

Un système écologique
L’objectif du système est de récupérer l’énergie perdue au moment du freinage pour la rediriger vers les systèmes hydrauliques autrement activés par du carburant. Ainsi, chaque arrêt effectué par un camion à ordures pourrait désormais lui permettre de faire fonctionner, sans utiliser de diesel, le compacteur et tous les pistons nécessaires au mouvement des pièces du mécanisme.

Selon les prévisions des trois hommes, le système d’Effenco entraînera une diminution du bruit des camions, mais surtout une diminution de 20 % de leur consommation de carburant et une réduction des émissions de CO2 pouvant atteindre 20 tonnes par année.

Faire les choses soi-même
David Arsenault, Dany Fouquet et Benoit Lacroix ont commencé l’aventure Effenco au sortir de leur baccalauréat, alors qu’ils amorçaient leur maîtrise.

«Pendant notre bac, on a fait des stages chez Bombar­dier et chez Pratt & Whitney, a expliqué David Arsenault, président et directeur technique d’Effenco. Mais on s’est rendu compte que c’était difficile de faire une différence dans de grandes entreprises comme ça.»

Intéressés à toucher à tout et jugeant posséder un bagage intéressant, les trois amis ont décidé de se lancer en affaires.

«On avait le goût d’avoir notre propre projet, a indiqué Benoit Lacroix, vice-président et responsable de l’intégration des systèmes d’Effenco. On avait aussi envie d’explorer l’hybride parce qu’on était tous un peu verts à la base.»

Un marché très ouvert
Les trois ingénieurs ont choisi de s’intéresser aux camions à ordures, des véhicules qui sont parmi les plus polluants.

«Nos études ont montré que l’industrie des camions à ordures était ouverte à l’hybride, mais personne ne s’y était encore vraiment  intéressé parce que, pour les fabricants de camions lourds, ça demeure un trop petit marché», a précisé Benoit Lacroix.

Puisque le système développé et breveté par Effenco peut être installé sur des camions à ordures déjà en service, les trois Montréa­lais pourraient éventuellement s’attaquer à une flotte qui compte près de 200 000 camions en Amérique du Nord. Pour l’heure toutefois, deux camions équipés du système hybride seront mis en service à Saint-Jérôme et à Victoriaville d’ici avril. Des tests seront ensuite conduits afin d’évaluer l’efficacité du système sur le terrain.

«On a confiance: ça va marcher. Maintenant, il s’agit juste de voir à quel point c’est efficace», a confié Dany Fou­quet, vice-président de la production d’Effenco.

Les trois acolytes comptent ensuite convaincre des opérateurs de camions à ordures et des villes de se procurer leur système hybride.

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