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Décrochage scolaire: Quand l'union fait la différence

«L’échec d’un jeune à l’é­cole, c’est un échec que partage toute la communauté», a affirmé Jacques Mé­nard, président de BMO, la semaine dernière en déposant son rapport sur le décrochage scolaire. Cela, les quartiers Centre-Sud et Hochelaga-Maisonneuve l’ont bien compris. Ils ont donc entrepris l’été dernier, avec l’appui de plusieurs groupes et organismes com­me Gaz Métro et Projet 80, un grand projet de communauté pour combattre le décrochage scolaire, qui se chiffre à près de 70 % parmi les jeunes du quartier.

«L’idée du projet, c’est que le quartier se mobilise, que la communauté travaille en­semble pour avoir un effet sur le décrochage scolaire», a expliqué Sophie Aubin, directrice adjointe de 80, ruelle de l’avenir.

Un local de danse et d’expression artistique, un atelier multimédia complet, où les jeunes apprennent entre autres à enregistrer des émissions de radio, un local de botanique, où on leur enseigne à cultiver plantes et aliments pour ensuite passer à la cuisine et utiliser le fruit de leur labeur pour concocter différents mets…. Les locaux aménagés à l’école Garneau dans le cadre du projet en offre pour tous les goûts.

«Nous voulons montrer les choses aux élèves d’une façon différente et concrète, explique Mme Aubin. Nous voulons aussi qu’ils mènent leurs projets du début à la fin pour qu’ils voient le résultat de leur travail.»

L’effet réel du projet 80, ruelle de l’Avenir sur les jeunes n’est pas encore connu, celui-ci n’étant officiellement en marche que depuis trois mois. «Je peux par ailleurs dire que la réaction des jeunes est très positive. Je suis persuadée que Ruelle 80 aura un impact sur eux», affirme avec conviction la directrice adjointe.

Les troubles d’apprentissage : une partie du problème
«Il y a beaucoup de jeunes décrocheurs qui souffrent de troubles d’apprentissage ou de troubles du comportement, deux problèmes fré­quemment inter-reliés, expli­que Mme Aubin. Pour ces jeunes, être assis en classe et ne pas bouger est très difficile. Il faut donc leur donner d’autres outils, d’autres référen­ces.  En réalisant concrètement une chose, en étant eux- mêmes en action, les enfants comprennent alors ce qu’on leur enseigne, car leur cerveau n’agit pas de la même façon.»

Mais Mme Aubin précise qu’il n’y a pas de moule unique pour un décrocheur potentiel. Les enfants qui souffrent de troubles de l’apprentissage sont en effet à risque, mais l’enfant isolé qui n’a pas d’ami, même s’il réussit bien sur le plan académique, risque lui aussi   d’abandonner l’école.

«Ce qu’on souhaite, c’est que d’autres quartiers nous prennent comme modèle et s’investissent à leur tour», ajoute en terminant celle qui croit visiblement en l’avenir des jeunes de son quartier.

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