Les propos de Louise Harel dénoncés
«Les citoyens de Montréal, peu importe leur origine, sont tous des citoyens à part entière.»
C’est en ces termes que le maire Gérald Tremblay a répondu à l’ancienne ministre des Affaires municipales, Louise Harel, hier.
Mme Harel a fait sursauter plusieurs membres du comité exécutif de la Ville de Montréal en affirmant mardi, sur les ondes de RDI, qu’elle redoutait l’apparition de villes à caractère ethnique sur l’île de Montréal.
Mme Harel souhaitait illustrer les problèmes de gouvernance qui, croit-elle, affectent Montréal en raison des trop grands pouvoirs accordés aux arrondissements. Selon l’ancienne ministre péquiste, Montréal a perdu son allure de grande ville unie, et la réduction du nombre d’arrondissements, proposée par le maire de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Cosmo Maciocia, ne règlerait en rien le problème.
«Si on passe de 19 arrondissements à 10, mais que les arrondissements demeurent des quasi-villes comme maintenant, on va se retrouver dans la pire des situations, a déclaré Louise Harel dans une entrevue accordée à Simon Durivage. On va avoir des villes… une ville italienne, une ville haïtienne, une ville anglophone, une ville arabe, Ville Saint-Laurent, une ville juive, etc.»
Gérald Tremblay a tenu à rappeler à Mme Harel que les arrondissements n’avaient pas été créés par Montréal. «C’est Québec qui a déterminé les limites des arrondissements, a-t-il souligné. Et ç’a été fait de façon à ce que ce soit inclusif.»
Le maire de l’arrondissement de Saint-Laurent, Alan DeSousa, s’est quant à lui montré plutôt critique à l’égard des propos tenus par Mme Harel, particulièrement sur son arrondissement.
«Parler de Saint-Laurent d’une façon unidimensionnelle, ça discrédite notre communauté, a expliqué M. De- Sousa. La vision exprimée par Mme Harel est une vision dépassée qui ne reflète aucunement la réalité.» Saint-Laurent compte aujourd’hui 166 communautés culturelles.
Arrondissements sous la loupe
Contrairement à Louise Harel, qui considère que les arrondissements ont trop de pouvoirs et que leurs élus servent mal les intérêts de la ville centre, Alan DeSousa s’est porté à la défense du modèle organisationnel qui prévaut dans la métropole.
«Les arrondissements ont le pouvoir de servir rapidement les citoyens et de leur donner accès aux élus locaux, a rappelé M. DeSousa. Je pense que ce modèle est en mesure de bien desservir la population.»
Louise Harel se défend
Louise Harel s’est défendue hier d’avoir voulu qualifier l’arrondissement de Saint-Laurent de «ville arabe». «Ce débat ne sert qu’à détourner l’attention de la question principale, qui est de savoir si on a encore une grande ville à Montréal, a déclaré Mme Harel en entrevue à Métro. Il faut qu’on regagne cette idée qu’on est tous des Montréalais et non des citoyens d’arrondissements devenus de quasi-villes.»
L’ancienne ministre des Affaires municipales a affirmé qu’il était temps pour Montréal de revoir sa gouvernance afin que les élus s’attardent davantage aux besoins de la grande ville qu’à ceux de leur arrondissement, devenu trop indépendant.
Ce qu’a dit Louise Harel…
«La Ville de Montréal est devenue une fédération d’arrondissements avec des maires élus au suffrage universel, qui se prennent pour des vrais maires de cités et de villes.»
«Si on passe de 19 à 10 arrondissements, mais que ces arrondissements demeurent des quasi-villes comme maintenant, on va se retrouver dans la pire des situations parce qu’on va avoir des villes… une ville italienne, une ville haïtienne, une ville anglophone, une ville arabe, Ville Saint-Laurent, une ville juive, etc. On n’aura plus cette idée d’une seule grande ville qui parle d’une seule voix.»
À la question, que proposez-vous pour sortir Montréal de sa désorganisation, Mme Harel a répondu : «Je dis que ce n’est pas en changeant de maire… le mal est plus répandu. Il faut revenir à une grande ville puis il faut que les pouvoirs de cette grande ville soient consolidés et il faut abandonner ces suffrages universels [pour élire les] maires d’arrondissements comme si c’était des quasi-villes.»