Montréal perdrait 1 M$ par année dans la gestion des stationnements
L’abandon par la Ville de la gestion du stationnement au profit de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain ferait perdre plusieurs millions à la métropole.
C’est l’avis de Léo-Paul Lauzon et de deux autres chercheurs de la Chaire d’études socio-économique de l’ESG-UQAM qui publient aujourd’hui une étude sur la question.
L’entente, signée en 1994 pour une durée de 30 ans, a abouti à la création d’une société paramunicipale, Stationnement de Montréal. Cette entente est «désavantageuse pour les contribuables montréalais», peut-on lire dans le rapport d’une cinquantaine de pages.
En effet, la Chambre de commerce hérite de redevances annuelles de 400 000 $ et plus de 20 % des profits de Stationnement de Montréal ne seraient pas versés à la Ville. Ils sont destinés à un fonds administré par la Chambre pour financer divers projets ou réinvestis.
Le rapport déplore aussi la hausse du nombre de parcomètres depuis 1995 (+ 41 %), l’allongement des heures de service, l’annulation de la gratuité le dimanche et l’augmentation des prix. Ces décisions auraient notamment réduit l’activité économique au centre-ville, soit l’inverse de l’effet escompté.
M. Lauzon admet que Stationnement de Montréal «verse une redevance très intéressante» à la Ville, mais cette dernière pourrait arriver au même résultat seule, évitant ainsi de perdre près de 30 M$ sur 30 ans. Il suggère qu’elle reprenne la gestion du stationnement.
La Ville se défend
Montréal défend sa politique de
stationnement. «La Ville a reçu 44 M$ de redevances en 2008. C’est
l’équivalent du déficit structurel de la STM», indique Marvin Rotrand,
conseiller de Ville dans NDG. Selon lui, le stationnement est bien
moins cher à Montréal qu’à Vancouver, Toronto ou Calgary.
Il
précise que le fonds géré par la Chambre de commerce sert à la campagne
de propreté, au soutien des artères commerciales, au transport en
commun et à la lutte contre le décrochage scolaire. «Ça ne reviendrait
pas forcément moins cher si la Ville reprenait l’activité», conclut-il.