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Exposition universelle de 2020: Le cheval de bataille de Benoit Labonté

Jennifer Guthrie et Mathias Marchal - Métro

Benoit Labonté va de l’avant dans le dossier de  la candidature de Montréal pour l’Expo 2020. Il envisage d’installer les pavillons sur les terrains qui seraient créés en recouvrant l’autoroute Ville-Marie, entre le Palais des congrès et le pont Jacques-Cartier, et d’en dé­centraliser d’autres dans chacun des arrondissements.

Selon lui, l’événement pourrait notamment permettre à Montréal d’accélérer ses travaux d’infrastructure, comme Expo 67 avait permis à la métropole de se doter du métro.

«L’Expo n’est pas une fin en soi, affirme M. Labonté en entrevue à Métro. Il s’agit plutôt d’un moyen pour accélérer la revitalisation et la transformation de Montréal, pour en faire la ville la plus belle et la plus verte d’Amérique. La Ville de Montréal, les gouvernements du Québec et du Canada, le secteur privé, les groupes culturels et écologistes se concerteraient enfin et prendraient leurs décisions en fonction de la date butoir, qui serait 2020. Ça forcerait tout le monde à serrer les rangs.»

Transformer la ville
En plus de vouloir profiter de l’organisation de l’Expo­si­tion universelle pour implanter de nouvelles lignes de tramways, de trolleybus et de trains de banlieue, Benoit Labonté voudrait faire profiter les Montréalais des bâtiments dont hériterait la métropole.

«Je veux que ce projet soit très urbain, qu’il soit dans la ville. L’idée, ce n’est pas de mettre l’Expo sur une île, comme en 1967, ou dans un parc, puis de se demander, une fois que tout est terminé, ce qu’on fait avec les pavillons qui restent, indique M. Labonté. En présentant l’Expo dans la ville, on assure sa pérennité.»

Lobbyiste actif
Depuis l’annonce de son projet, le 3 septembre dernier, Benoit Labonté n’a pas chômé. Il a déjà rencontré trois fois le secrétaire général du Bureau international des expositions (BIE) à Paris et à Saragosse, où il en a profité pour faire du lobbyisme, notamment auprès des membres sud-américains du BIE.

«J’ai senti qu’il y avait beaucoup d’ouverture de leur part à revenir en Amérique, car aucune exposition universelle ne s’y est tenue depuis celle de Montréal en 1967», a indiqué le chef de Vision Montréal. Or, d’après lui, aucune ville d’Amérique du Sud n’est candidate pour 2020, et les États-Unis ne peuvent être candidats, car ils ne sont plus membres du BIE.

«Il ne reste que Toronto et Montréal», a-t-il souligné.

La Ville Reine avait songé à poser sa candidature pour l’Expo de 2015, mais faute d’un accord avec les différents paliers de gouvernement pour éponger les 700 M$ de déficit prévus pour l’événement, elle avait été forcée de retirer sa candidature. Pourtant, plusieurs partenaires privés de poids étaient partants.

L’histoire ne risque-t-elle pas de se répéter à Montréal? «J’aurai une grande annonce à faire dans quelques semaines en ce qui concerne des appuis», répond simplement Benoit Labonté.

Les investissements?
Benoit Labonté ne précise pas quelles sommes devraient engager la Ville de Montréal et ses partenaires pour présenter l’Expo 2020. Il admet toutefois que la préparation du dossier de candidature pourrait représenter une facture de 15 M$ à 20 M$.

Le chef de Vision Montréal souligne cependant que les pavillons de l’Expo seraient construits aux frais des pays participants. «À l’Expo de Shanghai, en 2010, les plus importants pavillons représentent des investissements de 50 M$ à 150 M$, a-t-il exposé. Ces sont des investissements majeurs.»

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