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Le bois de l'Équerre perd des plumes à Laval

Nathalie Villeneuve - Collaboration spéciale

Quelques semaines après la publication de sa Politique de conservation et de mise en valeur des milieux naturels d’intérêt, la Ville de Laval rase une bande boisée au sud du bois de l’Équerre, dans le quartier Fabreville.

Au moment où la machinerie s’activait sur le terrain, début avril, l’administration Vaillancourt annonçait une enveloppe de 1 M $ pour contrer les îlots de chaleur. Or, le bois de l’Équerre est situé juste au nord d’un îlot de chaleur notoire de Laval: la zone industrielle centre.

«Où est la logique? demande le vice-président de la Corporation pour la mise en valeur du bois de l’Équerre et biologiste du Conseil régional de l’environnement (CRE) de Laval, Richard Pelletier. On détruit un îlot de fraîcheur naturel et gratis, un vrai écosystème avec sa faune et sa flore inestimables, et on plante à grands frais des petits arbres et arbustes qui ne sont même pas assurés de survie!»

Développement en vue?
Les travaux de reprofilage d’un cours d’eau et d’installation d’un intercepteur sanitaire (égout) ont nécessité un certificat d’autorisation, délivré fin août 2008 par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP).

Des mesures d’atténuation sont prévues, comme la revégétalisation des berges et du marécage, selon le rapport d’analyse du Ministère, obtenu en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

Ces travaux permettront-ils un développement résidentiel ou industriel qui entamerait davantage le boisé? Au cabinet du maire, on dit ne pas être en mesure de répondre.

Grande valeur
De nombreuses études ont reconnu la valeur écologique élevée du bois de l’Équerre, qui s’étend sur 187 ha dans les quartiers Sainte-Rose et Fabreville.

Le Comité sur la protection et la mise en valeur des bois de Laval, formé notamment de représentants de la Ville de Laval, du CRE de Laval et du MDDEP concluait, dans un rapport réalisé en 2003, que la pression du développement sur le boisé était importante. On proposait la délimitation d’un périmètre de conservation avant trois ans.

Pas de planification
Six ans plus tard, «la planification du développement, de la conservation et de la mise en valeur de la zone n’est pas terminée», indique l’attachée de presse du comité exécutif, Amélie Cliche.

En février dernier, Laval a publié sa Politique de conservation et de mise en valeur des milieux naturels, qui identifie 13 «zones d’aménagement écologique particulières» (ZAEP), dont le bois de l’Équerre.

La municipalité reste silencieuse relativement au territoire à conserver dans ces zones où cohabitent espaces naturels, secteurs bâtis et développements futurs. Mme Cliche assure que les travaux «sont effectués à l’extérieur de la ZAEP». Le périmètre de la zone présenté dans le document de la Politique indique pourtant le contraire.

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