Éthique défaillante à la Ville de Montréal?
Alors que plusieurs affaires éclaboussent l’administration municipale, l’opposition officielle déposera deux motions relatives à l’éthique à la prochaine assemblée.
La première concerne le vérificateur général. Alors que le maire Gérald Tremblay disait hier vouloir remettre le dossier litigieux des compteurs d’eau entre les mains du vérificateur, M. Labonté soutient que ce n’est pas à lui de faire cela. Il affirme que «seul le Conseil de ville a le pouvoir de mandater le Vérificateur général et de lui assurer les ressources nécessaires afin qu’il puisse réaliser son enquête […] d’ici la fin d’août 2009», a déclaré Benoit Labonté, chef de Vision Montréal.
Le 27 avril prochain, M. Labonté déposera aussi une proposition de Code d’éthique et de déontologie et demandera la création d’un poste de commissaire à l’éthique indépendant.
Depuis deux ans, la Ville de Montréal est rattrapée par plusieurs affaires. Les voyages controversés sur un luxueux voilier de l’ex-numéro 2 de la Ville, Frank Zampino, alors que se négociait un important contrat d’installation de compteurs d’eau, ne sont que la dernière en date.
5 G$ et peu de contrôle
Depuis six mois, l’ancien président de la Société d’habitation de Montréal, Martial Fillion, est sous enquête pour favoritisme. La Ville a aussi découvert qu’un cadre des Services informatiques de la Ville aurait détourné plusieurs millions grâce à un système de fausses factures. Dans les arrondissements, la construction du centre intergénérationnel à Outremont a fait couler beaucoup d’encre, de même que l’attribution des contrats de transport de la neige dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville.
«Il est inconcevable qu’une ville comme Montréal et ses organismes associés gèrent un budget annuel combiné de plus de 5 G$ sans qu’il y ait de normes claires et contraignantes en matière d’éthique ou de reddition de comptes», ajoute M. Labonté qui déplore «la nonchalance» du maire de Montréal.