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Les taxes augmentent de 3,8% à Montréal en 2026

Soraya Martinez Ferrada regarde Claude Pinard. En arrière-plan, le directeur général de la Ville de Montréal, Benoit Dagenais
Soraya Martinez Ferrada, accompagnée de Claude Pinard et Benoit Dagenais. Photo: Collaboration spéciale - Andrej Ivanov

Le compte de taxes moyen augmentera finalement plus rapidement que l’inflation à Montréal, montre le premier budget municipal déposé par Soraya Martinez Ferrada et Claude Pinard. Le fardeau fiscal augmentera de 188$ en moyenne, ou 3,8%.

Mme Martinez Ferrada a promis en campagne électorale de limiter la hausse des taxes au niveau de l’inflation. L’inflation, calculée par l’augmentation de l’Indice des prix à la consommation (IPC) est d’environ 2,6% sur l’année excluant le mois de décembre, dont les chiffres ne sont pas encore connus. Pour la préparation du budget, la Ville de Montréal a sélectionné le taux le plus élevé enregistré l’an dernier, soit 3,4% d’augmentation au mois de septembre.

Finalement, ça n’a pas été suffisant. Les contribuables verront leur compte de taxes augmenter de 3,8%, ou 188$. Du côté non-résidentiel, l’augmentation est bel et bien de 3,4%.

Ces chiffres peuvent varier énormément en fonction de la valeur de l’immeuble et de l’arrondissement. L’augmentation est aussi plus forte pour les résidences unifamiliales (4,3%) que pour les condos (3,4%).

Le budget total de la Ville de Montréal se situe à 7,66 G$, en augmentation de 5,4%.

Selon Claude Pinard, président du comité exécutif et responsable des finances, le budget marque un point tournant pour la Ville afin que les dépenses soient mieux alignées sur les besoins des citoyens.

«Nous déposons un budget qui marque le premier jalon de changements importants à la Ville pour mieux servir nos citoyennes et nos citoyens», dit-il.

La taxe locale en cause

L’augmentation vient principalement des taxes locales des arrondissements. Selon les chiffres dévoilés lundi, les taxes relevant de la ville-centre augmentent de seulement 3% en 2026.

La ville-centre contrôle environ 87% des revenus de taxation résidentiels.

Comme nous le rapportions en décembre, de nombreux arrondissements imposeront toutefois des hausses salées localement. La hausse des charges fiscales locales est particulièrement élevée dans les arrondissements contrôlés par Projet Montréal. Elle dépasse même 20% dans Verdun et dans Rosemont–La Petite-Patrie.

Mais les arrondissements contrôlés par Ensemble Montréal contribuent aussi à ce que la hausse des taxes dépasse le niveau de l’inflation. En moyenne, les taxes locales augmenteront de 4,5% dans les 10 arrondissements contrôlés par le parti de la mairesse. L’augmentation est particulièrement élevée à Ahuntsic-Cartierville (10,7%).

Arrondissements voyant les plus fortes augmentations des taxes locales

  • Verdun: 24%
  • Rosemont–La Petite-Patrie: 20,1%
  • Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension: 13,0%
  • Ahuntsic-Cartierville: 10,7%

Arrondissements voyant les plus faibles augmentations des taxes locales

  • Anjou: 2,8%
  • Montréal-Nord: 2,8%
  • Saint-Léonard: 2,9%
  • Ville-Marie: 3,0%

Promesse tenue, dit la mairesse

Malgré le dépassement du seuil, la mairesse Soraya Martinez Ferrada et Claude Pinard affirment avoir tenu sa promesse de limiter la hausse des taxes au niveau de l’inflation. Ils soulignent que la hausse des charges fiscales de la ville-centre augmentent seulement de 3%.

«On a envoyé l’argent supplémentaire aux arrondissements pour leur permettre aussi de limiter les taxes localement. Au bout du compte, on en a fait plus que ce qu’on a promis», affirme la mairesse.

La plateforme électorale d’Ensemble Montréal ne fait toutefois aucune distinction entre le type de taxes. Elle promet de limiter «les hausses de taxes» au niveau de l’inflation, sans précisions concernant les taxes de la ville-centre ou des arrondissements.

Extrait de la plateforme électorale 2025 d’Ensemble Montréal.

La Fédération canadienne des contribuables (FCC) ne l’entend pas ainsi.

«Avec une hausse combinée de 3,8% des taxes foncières, […] les contribuables montréalais subissent une augmentation bien au-delà de l’inflation réelle. […] La promesse électorale de la mairesse Soraya Martinez Ferrada d’indexer l’augmentation des comptes de taxes à l’inflation est en grande partie manquée», écrit Nicolas Gagnon, directeur Québec pour la FCC.

«L’administration Martinez Ferrada n’en fait pas assez pour trouver des économies et protéger les portefeuilles des familles. Prévoir la suppression de 1 000 postes administratifs est un bon début, mais l’effort réel est dilué par des embauches dans les arrondissements», ajoute-t-il.

En 2018, l’ancienne mairesse Valérie Plante avait coupé court à sa «lune de miel» dans des circonstances semblables. Elle avait aussi promis de limiter la hausse des taxes à l’inflation, pour ensuite dire qu’elle parlait seulement de la taxe foncière. La taxe de l’eau, elle, a fait exploser le compte de taxes.

1000 postes à couper: économies modestes

Soraya Martinez Ferrada a également promis de couper 1000 postes au cours de son mandat. Le cadre financier qu’elle a présenté pendant la campagne électorale prévoyait 55 M$ en économies dès 2026.

Finalement, les efforts ont donné des résultats modestes. Au net, seulement 25 postes seront abolis en 2026, ou l’équivalent de 16,6 postes à temps plein.

L’augmentation du coût de la rémunération des employés est tout de même moins rapide que l’an dernier. La facture augmente de 45,2 M$ en 2026 contre 63 M$ en 2025.

Ces résultats découlent toutefois d’efforts demandés au printemps par l’ancienne administration. La Ville anticipe des économies supplémentaires de 16 M$ découlant du plan d’optimisation de Mme Martinez Ferrada et son bras droit, Claude Pinard. Ce plan sera présenté plus tard cette année.

Par ailleurs, la Ville a réussi à ramener le niveau d’endettement à 100% du budget. Le retour à ce niveau était prévu seulement l’an prochain.

Le budget sera étudié en commission du 14 au 22 janvier. Il sera ensuite soumis au vote des élus le 28 janvier.

Quelques éléments clés du budget 2026 de la Ville de Montréal:

  • Le budget alloué aux organismes de lutte à l’itinérance passe de 9,5 M$ à 29,9 M$.
  • Investissements de 100 M$ sur 10 ans pour l’acquisition et la rénovation de bâtiments destinés à la lutte à l’itinérance.
  • Diminution de 26 M$ du budget alloué au développement du réseau cyclable (sauf le rabattement au REM).
  • Création du Bureau de l’Est et investissement de 1 G$ pour les projets de développement de l’Est de Montréal.

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