L’ajout de pistes cyclables ralentira à Montréal
L’ajout et l’amélioration de pistes cyclables ralentira à Montréal pendant un premier mandat de Soraya Martinez Ferrada, montre le budget municipal 2026. Certaines pistes cyclables prévues par l’administration précédante disparaissent des plans.
Selon les chiffres dévoilés par la Ville de Montréal lundi, les montants dépensés pour l’entretien du réseau cyclable resteront identiques à ce que prévoyait l’administration de Valérie Plante. Mais le programme d’amélioration et de développement du réseau cyclable verra une bonne coupure de fonds. Sur les 100 M$ prévus par l’équipe de Mme Plante entre 2026 et 2029, l’administration de Soraya Martinez Ferrada et Claude Pinard prévoit seulement conserver 74 M$ en investissements.
Mme Martinez Ferrada et l’équipe d’Ensemble Montréal concentreront davantage les sommes pour les «véloroutes» qui connecteront le réseau cyclable aux stations du Réseau express métropolitain (REM). Les budgets alloués à ces véloroutes passent de 44 M$ pour la période 2026-2029 ans à 47 M$. Le total sur 10 ans passe de 67,4 M$ à 97,5 M$.
La mairesse a rappelé qu’elle souhaite lancer un audit sur l’ensemble du réseau cyclable de Montréal.
«Pour nous, la mobilité, ce n’est pas une guerre entre les usagers. Pour notre administration, la mobilité doit être planifiée, doit être fluide, doit être sécuritaire. Ça veut dire qu’on ne peut pas privilégier un mode de transport plus qu’un autre», a-t-elle lancé.
Par ailleurs, le budget pour le développement de BIXI sera amputé de moitié. L’ancienne administration prévoyait injecter 10,5 M$ en 2026 pour augmenter le nombre de vélos et de stations en libre-service. Le nouveau Plan décennal des immobilisations prévoit seulement 5,5 M$. Sur l’ensemble du mandat de quatre ans, les investissements prévus chutent de 45,4 M$ à seulement 22 M$.
Des projets qui disparaissent
Plusieurs projets d’ajout de pistes cyclables qui étaient expressément nommés dans le budget 2025 disparaissent en 2026. Ainsi, le projet de déployer le Réseau express vélo (REV) sur la rue Hochelaga ne se trouve nulle part. L’idée de mettre une piste cyclable sur le boulevard urbain qui remplacera l’autoroute Bonaventure disparaît également.
Les paragraphes décrivant l’appui de Montréal au prolongement de la ligne bleue ne font plus mention de pistes cyclables pour rejoindre les nouvelles stations.
Selon Mme Martinez Ferrada, ces modifications ne sont pas le signe que la Ville supprime ces projets. Elle ne s’est toutefois pas engagée à les maintenir.
«Ces projets-là vont être évalués avec les maires des arrondissements pour s’assurer qu’ils répondent aux besoins de tous les usagers», dit-elle.
Le projet sur la rue Hochelaga permettrait de relier la piste menant au Parc olympic par la rue Viau au REV de l’axe Souligny. Il traverserait toutefois un secteur industriel. La piste prévue sur Bonaventure devait, selon les plans de l’ancienne administration, accompagner la transformation de l’autoroute en boulevard urbain.
«Préoccupant», dit l’opposition
Pour Ericka Alneus, cheffe de l’opposition et cheffe intérimaire de Projet Montréal, cette situation est «préoccupante et inquiétante».
«Quand on aménage ce type d’infrastructures, on s’assure que tout le monde soit en sécurité, qu’il conduise ou qu’il marche. Je pense que ça envoie un message particulier de voir ce genre de projet-là retiré dans les budgets», dit-elle en marge de la présentation du budget.
La question des pistes cyclables est fort controversée à Montréal depuis l’élection de Soraya Martinez Ferrada et Ensemble Montréal. De nombreux usagers sont montés aux barricades pour défendre les pistes sur Atateken – elle-même controversée à cause de grogne des commerçants –, sur Henri-Bourassa et sur Lajoie.
Une version précédente de cet article affirmait que le projet d’implanter une voie cyclable sur la rue Notre-Dame Ouest n’apparaissait plus au budget 2026. C’est erroné, la voie cyclable y apparaît toujours.