Soutenez

Le tramway dans tous ses états

Pendant une partie des 67 ans durant lesquels il a sillonné les rues de Montréal, le tramway électrique a même embarqué même des cercueils et des prisonniers!

C’est ce qu’apprendront notamment les visiteurs de l’exposition qui se tiendra cette fin de semaine pour souligner les 50 ans de la disparition du tramway des rues de la métropole. En plus des conférences, des projections et des visites guidées, un vieux modèle plus que centenaire sera exposé au sud de la place Jacques-Cartier. Suivez le guide…

Si le Rocket, le premier tramway électrique, a fait son apparition à Montréal en 1892, les p’tits chars, comme on les appelait affectueusement à l’époque, circulaient déjà dans la ville depuis 30 ans. «Ils étaient tirés par deux chevaux sur le plat; et on ajoutait un attelage de deux autres chevaux pour les pentes», raconte Daniel Laurendeau, initiateur de l’exposition et membre du Club des amis des tramways de Montréal.  

Passera-t-il l’hiver?
À l’époque déjà, certains pensaient que le nouveau tramway ne passerait pas l’hiver, car on ne déblayait pas les rues. Mais grâce à un ingénieux système de tramway balais, le Rocket passe le test hivernal et fait des émules. «En 1911, il y avait 140 milles de rails (220 km) et 600 véhicules», ajoute M. Laurendeau.

Chanceux, les Montréa­lais de l’époque n’ont subi aucune hausse de tarif de 1861 à 1918. Il faut dire que 5 cents le passage représentait un prix élevé lorsqu’on considère qu’au début du XXe siècle, le salaire hebdomadaire moyen s’élevait à 15 gros dollars.

En 1919, les premières lignes d’autobus apparaissent sur la rue Wellington, dans le secteur des abattoirs. Mais c’est la Seconde Guerre mondiale qui sonne la fin de l’âge d’or du tramway à Montréal. La période économique florissante qui s’ensuit marque en effet l’essor de l’auto.

Le complot
«À partir de là, on a commencé à trouver que le tramway prenait trop de place dans les rues», explique M. Laurendeau. Certaines ru­meurs racontent même que l’industrie automobile, qui construit aussi les autobus, s’organise afin de racheter les entreprises de tramway pour les démanteler et les effacer du paysage urbain.

Mais encore aujourd’hui, il reste des traces des vieux rails qui apparaissent sous le bitume usé de certaines rues montréalaises. «Encore ce mois-ci, on a retiré des restes de rails près du complexe des Ailes de la Mode», raconte Daniel Laurendeau.

L’exposition se tient samedi et dimanche au Marché Bonsecours.
amistramwaysmontreal.org

Retour vers le futur

D’ici 2013, Montréal pourrait renouer avec le tramway. En 118 ans, les choses ont bien changé!

 Le Rocket  Tramway moderne
 Inauguration : 1892  Inauguration : ?
 Vitesse maximale : 25 km/h  Vitesse maximale :  + de 100 km/h
 Capacité : 30 places  Capacité : 250 places
 Chauffage : charbon  Chauffage : électricité
 Tarif : 5 ¢   Tarif : + de 275 ¢ (tarif actuel pour un passage de métro

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.