Gérald Tremblay dit avoir fait ce qu'il fallait
Gérald Tremblay a affirmé hier avoir contacté le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) dès qu’il a eu vent, en mars dernier, de possibles tentatives d’extorsion et de corruption.
Le maire réagissait ainsi à la publication, dans La Presse, d’un dossier sur l’ouverture d’une enquête de la Sûreté du Québec (SQ) sur une possible tentative d’extorsion et de corruption en lien avec un contrat de 10,6 M$ pour la réfection du toit et des mansardes de l’hôtel de ville.
Refusant de laisser son administration porter le blâme pour des problèmes «qui concernent l’industrie de la construction», M. Tremblay a rappelé, lors d’un point de presse, qu’il avait lui-même sonné l’alarme.
«J’ai personnellement demandé au SPVM d’intervenir, et ce sont les policiers qui ont décidé de transférer le dossier à la SQ, a-t-il expliqué. Je suis allé à la limite de ce que je pouvais faire. Je ne suis pas policier.»
Enquête compromise?
Gérald Tremblay a laissé entendre que l’enquête de la SQ pourrait être compromise par la parution du reportage de La Presse.
«Pensez-vous que les personnes visées pourront maintenant être captées sur écoute électronique? a-t-il demandé. Elles savent qu’elles sont sous enquête. Il est trop tard.»
La Sûreté du Québec n’a pas voulu commenter le dossier, se contentant de confirmer qu’une enquête était en cours.
Du côté de Québec, le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a indiqué ne pas avoir l’intention de mettre sur pied, à court terme, une commission d’enquête publique sur le secteur de la construction.
L’opposition critique
Le chef de l’opposition officielle, Benoit Labonté, a appris l’existence de l’enquête de la SQ hier matin. Cette nouvelle tuile qui s’abat sur le maire Tremblay ne l’a pas ému.
«Le dossier de cette administration s’alourdit, a-t-il souligné. Il s’agit de la sixième enquête policière à être menée sous l’administration Tremblay. C’est du jamais vu à Montréal. Le constat est très éloquent.»
Selon l’article de La Presse, deux élus seraient impliqués dans l’affaire. Gérald Tremblay a affirmé avoir parlé aux deux conseillers en question, qui lui ont dit n’avoir «rien à faire avec cette histoire».
Benoit Labonté a tenté, lors du conseil municipal d’hier, de connaître leur nom, mais en vain.
«Le maire a refusé de les nommer et s’est retranché derrière l’enquête policière pour éviter d’avoir à répondre à nos questions», a-t-il expliqué.
M. Labonté a dit ignorer si l’enquête de la SQ serait complétée à temps pour les élections, mais selon lui, cela n’a plus vraiment d’importance.
«Je pense que les citoyens en savent suffisamment pour porter un jugement le 1er novembre», a-t-il simplement déclaré.