Jacques Duchesneau: «Les élus lavallois devraient tous démissionner»
Les élus de Laval n’ont plus aucune légitimité, et même si leur ville est mise sous tutelle, ils devraient démissionner, a déclaré le député de la Coalition avenir Québec (CAQ), Jacques Duchesneau.
L’ancien-chef de l’Unité anticollusion a questionné «l’autorité morale» des élus lavallois lors d’une entrevue avec Métro, dimanche. «La gestion corrompue des affaires de cette ville a trop affectée la confiance du public et les élus ne devraient plus avoir leur mot à dire», a-t-il affirmé.
Cette remarque survient à la suite d’une demande de mise sous tutelle de Laval, effectuée vendredi après-midi par le maire par intérim, Alexandre Duplessis. Ce dernier et l’ensemble du conseil municipal de Laval ont été éclaboussés par des révélations de la Commission Charbonneau sur un système généralisé de prête-noms.
Le projet de mise en tutelle, hautement soutenu par le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, sera voté lors d’un conseil spécial des ministres prévu lundi. Si elle est approuvée, la tutelle permettra à la Commission municipale du Québec (CMQ) d’intervenir dans l’administration de Laval, même si les élus continuent de siéger. Toutes leurs décisions, dont la préparation du prochain budget, devront être justifiées et autorisées par la CMQ. La CMQ peut aussi forcer les élus, dont le maire, à entreprendre certaines actions.
Malgré la présence de la CMQ, Jacques Duchesneau estime que les élus suspectés de fraude devraient démissionnés car ils ne réussiront plus à «convaincre les payeurs de taxes du bien-fondé de leurs décisions».
Advenant la démission de la majorité des élus lorsque la ville est sous tutelle, deux choix pourraient s’offrir à la CMQ. «Soit la CMQ met en place un comité provisoire qui prend toutes les décisions, soit il déclenche des élections», indique Marc-Antoine Cloutier, directeur général de Juripop, après avoir consulté les avocats de sa clinique juridique.
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«La question est maintenant de savoir si les élus resteront en place de manière à faire perdurer l’administration municipale, où s’ils vont démissionner et forcer la CMQ à tenir des élections avant cet automne», s’interroge M. Cloutier.
N’affichant pas une opinion aussi tranchée que M. Duchesneau, le futur avocat croit que les élus lavallois ont le devoir de se questionner sur leur crédibilité. «Si certains d’entre eux ont effectivement fait des dons à leur parti autrement que par leur propre bien, leur légitimité est nulle», a-t-il ajouté.
Mise en tutelle : Un brin d’histoire
Les mises sous tutelle sont rares et se produisent souvent au sein de petites municipalités, Toutefois, Montréal a déjà été mise sous tutelle.
- En 1918, afin d’assainir les finances de la Ville, le gouvernement provincial impose sa tutelle. Le Maire et les membres du Conseil municipal n’y jouent plus qu’un rôle secondaire.
- En 1940, les déficits budgétaires s’accumulent et les banques refusent d’accorder de nouveaux prêts. Le gouvernement provincial revient à la charge en mettant Montréal sous sa tutelle.