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Tremblay fait place à l'opposition au sein de son nouveau comité exécutif

MONTREAL – Les nombreux scandales des derniers mois et le résultat des
récentes élections municipales ont amené le maire de Montréal, Gérald
Tremblay, à poser un geste jamais vu: confier à chacun des principaux
partis d’opposition un siège du comité exécutif de la Ville, comité
qu’il présidera lui-même.

Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, s’occupera de la mise en
valeur du territoire et du plan d’urbanisme, tandis que Lyn Thériault,
de Vision Montréal, s’est vu confier les dossiers du développement
social et communautaire, de la famille et des aînés.

« Mon parti étant majoritaire, rien ne m’oblige à un tel geste
d’ouverture », a précisé M. Tremblay, mardi, en annonçant la composition
du comité exécutif.

« Je ne le fais pas par obligation, a-t-il poursuivi. Je le fais par conviction, en espérant que la sagesse soit au rendez-vous. »

Toutes les parties concernées ont soutenu que ce geste n’a rien d’un exercice de relations publiques.

« Je ne sera jamais le figurant d’aucune pièce de théâtre », a dit M.
Bergeron en mentionnant que ses troupes appuient unanimement sa
présence au comité exécutif.

« C’est audacieux, c’est courageux de la part de M. Tremblay, a-t-il
estimé. C’est courageux de notre part à nous aussi, qui acceptons. Et
nous souhaitons tous que ça fonctionne. On verra à l’usage. »

La chef de Vision Montréal, Louise Harel, ne pouvait siéger au comité
exécutif puisqu’elle occupe déjà le poste de chef de l’opposition
officielle. De plus, M. Tremblay a précisé qu’il tenait à choisir des
gens ayant une bonne expérience du monde municipal, ce qui n’est pas le
cas de l’ancienne ministre péquiste.

Si M. Bergeron et Mme Thériault auront toute la latitude pour faire
valoir leur opinion au sein du comité, ils devront faire preuve de la
même solidarité que les autres membres quand une décision aura été
prise.

« La journée où la solidarité devient trop dure à porter, vous savez ce qu’on doit faire », a noté M. Bergeron.

Le maire Tremblay s’est entouré de fidèles de longue date en nommant
Alan DeSousa et Michael Applebaum à la vice-présidence du comité
exécutif. Richard Deschamps, Manon Barbe, Helen Fotopoulos, Claude
Trudel, Michel Bissonnet, Mary Deros et Monique Worth y siégeront aussi.

Cependant, Claude Dauphin, Sammy Forcillo et Luis Miranda, poids lourds
de la précédente administration, sont cette fois exclus du comité.

« Ce n’est pas parce que les personnes ne sont pas au comité exécutif
qu’elles n’ont pas un rôle important à jouer, a nuancé le maire
Tremblay. Il y a d’autres instances où leur participation sera
importante. J’ai toujours confiance en ces personnes. »

M. Dauphin obtient d’ailleurs comme prix de consolation la présidence du conseil municipal.

« C’est un défi différent qui me sied bien », a assuré en refusant de se
dire déçu celui qui présidait le précédent comité exécutif.

« Je recevrai peut-être moins de téléphones à 6 h du matin au sujet de
différents enjeux, a-t-il ajouté, sourire en coin. Mais je ne me
plaints pas. »

Bernard Blanchet demeurera président du caucus, tandis que Marvin Rotrand devient leader de la majorité.

Rappelons enfin que, défaite lors des élections, Diane Lemieux, une
autre ancienne ministre péquiste, a été nommée la semaine dernière
directrice du cabinet du maire et du comité exécutif.

Le deuxième mandat de M. Tremblay a été entaché par plusieurs
scandales, de l’affaire de fraude au service informatique de la Ville à
la saga des compteurs d’eau, en passant par les malversations à la
Société d’habitation et de développement de Montréal et les histoires
de corruption et d’extorsion.

Néanmoins réélu le 1er novembre pour un troisième mandat, M.  Tremblay
avait promis que son équipe renouvelée incarnerait le changement.

Il a obtenu 37,9 pour cent des voix, contre 32,7 pour cent pour Mme  Harel et 25,5 pour cent pour M. Bergeron.

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