Le nouveau Turcot fait craindre le pire
À Montréal, des dizaines de personnes, membres de groupes écologistes, résidants du secteur et politiciens, ont pris la rue Atwater d’assaut hier après-midi. Elles ont, pour une énième fois, demandé au gouvernement de Jean Charest de repenser le projet de reconstruction du complexe Turcot en fonction d’un apaisement de la circulation dans le Sud-Ouest.
Les manifestants ont pu compter sur l’appui inespéré du ministère de la Santé du Québec, qui a présenté mercredi devant la Commission parlementaire sur la cible de réduction des gaz à effet de serre (GES), un mémoire recommandant un «arrêt définitif» des projets routiers qui impliquent une augmentation de la circulation automobile en milieu urbain.
«De mémoire, c’est la première fois qu’un ministère désapprouve le projet d’un autre ministère, a expliqué à Métro Daniel Bouchard, responsable des dossiers de transport au Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal. Cette sortie publique n’a rien pour aider le ministère des Transports, qui doit commencer à manquer d’arguments pour défendre son projet.»
Trop d’accidents
Les opposants au projet du ministère des Transports du Québec (MTQ) ont aussi fait écho à une étude de la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal qui a révélé que 846 piétons ou cyclistes ont été blessés entre 1999 et 2008 dans l’arrondissement du Sud-Ouest.
«Si on veut réduire le nombre d’accidents dans le secteur, il faut réduire le nombre de voitures qui y circulent, a soutenu Daniel Bouchard. Les gens ont besoin de mobilité, mais il y a d’autres façons d’atteindre cet objectif qu’en allant de l’avant avec un projet comme Turcot.»
Le maire désigné du Sud-Ouest, Benoit Dorais, entend d’ailleurs poursuivre le combat amorcé par la population afin de s’assurer «que le projet tel que présenté par le MTQ ne puisse jamais voir le jour».
«Il existe des solutions alternatives qui tiendraient compte des questions d’intégration urbaine, a-t-il affirmé. Il faut un projet qui respecte le plan de transport de la Ville et son plan d’urbanisme, ce qui n’est pas le cas en ce moment.»
Rappelons que le rapport du Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE) doit être rendu public au plus tard mercredi par la ministre de l’Environnement, Line Beauchamp.