Gérald Tremblay promet de redonner confiance aux Montréalais
MONTREAL – Réélu dimanche soir pour un troisième mandat malgré les
nombreux scandales qui ont ébranlé son administration, le maire de
Montréal, Gérald Tremblay, a assuré que son équipe incarnait le
changement et qu’elle pouvait redonner confiance à la population.
« Je suis conscient que l’administration municipale a été fortement
secouée par tous les événements des derniers mois et plus
particulièrement par ceux des dernières semaines », a-t-il déclaré peu
après minuit devant quelques centaines de partisans de son parti, Union
Montréal, réunis au Centre sportif de Côte-des-Neiges.
« Je suis conscient que la confiance des Montréalais et des citoyens a
été mise à rude épreuve », a-t-il ajouté, entouré de son épouse Suzanne
et de ses deux enfants. « Les citoyens veulent du changement et nous
incarnons ce changement. »
Le maire de la métropole a assuré qu’il avait « bien entendu » les préoccupations des citoyens.
« Mon défi, comme homme politique, c’est de regagner la confiance de tous les Montréalais », a-t-il reconnu.
Vers 22h35, les quelques centaines de partisans du parti Union Montréal
réunis au Centre sportif de Côte-des-Neiges ont éclaté de joie à
l’annonce de la réélection de M. Tremblay avec une avance de près de
9000 voix sur Louise Harel, de Vision Montréal.
Peu avant minuit et demi, le maire sortant récoltait 37,2 pour cent des
suffrages exprimés, contre 33,3 pour cent pour Mme Harel. Son avance
était de plus de 13 400 voix.
Gérald Tremblay a pris la tête dès le début du dépouillement des
suffrages et n’a jamais cédé sa place. Le dernier sondage mené avant le
vote plaçait pourtant les trois candidats pratiquement à égalité et le
maire sortant était troisième.
Union Montréal a fait le plein de votes dans ses bastions de l’ouest et
du nord de la ville. M. Tremblay fera face à une opposition d’une force
qu’il n’a pas encore connue, mais son parti devrait demeurer
majoritaire à l’hôtel de ville, composé des 46 conseillers municipaux
et de 18 maires d’arrondissement.
Il reste que trois des poids lourds de l’équipe Tremblay, Michel
Labrecque, président de la Société de transport de Montréal et candidat
à la mairie d’arrondissement du Plateau Mont-Royal, André Lavallée,
candidat à la mairie d’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie,
ainsi que Marcel Tremblay, frère du maire, ont subi la défaite.
D’autres candidats d’Union Montréal ont eu plus de chance: Sammy
Forcillo, membre du comité exécutif et conseiller dans l’arrondissement
Ville-Marie, de même que Claude Dauphin, maire de Lachine et président
sortant du comité exécutif, ont été réélus, tout comme Luis Miranda,
maire d’Anjou.
Le sort de l’ex-ministre Diane Lemieux, candidate d’Union Montréal dans
l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, demeurait en suspens en début
de nuit, peu de bulletins de vote ayant été dépouillés.
Au cours d’une campagne fertile en rebondissements, qui a suscité un
intérêt exceptionnel à Montréal et au-delà, Gérald Tremblay a essuyé
plusieurs coups durs, allant du scandale des compteurs d’eau en début
de campagne aux questions éthiques qui ont éclaboussé son
administration jusqu’à la toute fin de la course.
Dans son programme, Union Montréal s’est notamment engagé à diminuer de
50 à 40 km/h dans les rues résidentielles locales, de réaménager le
chemin Remembrance aux abords du Mont-Royal, d’investir dans un système
d’ozonation pour la désinfection des eaux usées, d’installer des bornes
d’accès à Internet sans fil dans des lieux publics, de moderniser des
installations sportives et d’améliorer les services en ligne des
bibliothèques municipales.
Tout au long de la campagne, M. Tremblay a accusé Louise Harel de vouloir plonger la ville dans un « débat de structures ».
Parmi les principales réalisations du deuxième mandat de
l’administration Tremblay, notons le développement du Quartier des
spectacles, l’amélioration des services de transport en commun et la
mise sur pied de « brigades » de la propreté.
Par contre, outre les scandales reliés à l’éthique, on a reproché au
maire le manque de coordination entre les arrondissements et l’hôtel de
ville de même que l’augmentation fulgurante des tarifs de transport en
commun.
Ancien ministre libéral à Québec, Gérald Tremblay a été élu maire de Montréal pour la première fois en 2001.