Les coulisses insolites de la STM
Chaque jour, la STM enregistre en moyenne un million de passages sur son réseau. À force de répéter de façon mécanique le même trajet, on oublie de regarder les petits détails qui nous entourent. Voici donc un tour dans les coulisses, version insolite…
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Un musée caché dans un pilier
Plusieurs milliers de Montréalais passent devant sans le savoir, mais derrière cette plaque de bronze se trouve un mini-musée. L’initiative date de 1991. Pour fêter les 25 ans du métro montréalais, 25 employés ont stocké 25 objets symboliques dans une boîte en acier inoxydable, qui a ensuite été scellée dans le béton d’un pilier de la station Berri-UQAM.
La boîte, qui sera ouverte pour les 50 ans de la STM, en 2016, contient notamment une cravate d’opérateur, un billet de correspondance, une CAM mensuelle à 38 $, un billet à 1,50$, une liste des employés en poste à l’époque et le programme d’accès à l’égalité en emploi (la STM fait bonne figure dans ce domaine).
L’histoire ne dit pas combien vaudra le ticket de métro le 14 octobre 2016, quand on ouvrira la fameuse boîte, et si la cravate des opérateurs de métro et d’autobus sera toujours la même! D’après nos informations, et en parallèle avec la nouvelle signature déployée cette année, les employés de la STM devraient avoir un nouvel uniforme. Toutefois, aucune date n’est avancée.
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Le casse-tête des carreaux de céramique
Qu’on les aime ou qu’on les haïsse, les tuiles qui ornent les murs et les planchers du métro de Montréal font partie de sa renommée. Mais quand la STM réalise des travaux et qu’il faut remplacer des carreaux, le casse-tête commence. Existent-ils encore sur le marché? Va-t-on en avoir suffisamment en stock?
«Pour chaque nouveau projet, on commande 5% de carreaux supplémentaires en prévision de travaux futurs, mais, par le passé, cela ne faisait pas partie des préoccupations», raconte Pascale Beaumont, architecte à la STM.
Parmi les stations qui causent le plus de maux de tête à cause de la difficulté à trouver des carreaux identiques: Guy-Concordia et Place des Arts. La rénovation de la station Champs de Mars promet aussi d’être corsée, à un point tel que certains employés profitent de leurs voyages pour faire un peu de prospection. «On a peut-être trouvé en Italie de la céramique identique», se réjouit Mme Beaumont.
Difficile de mesurer combien de types de céramique comporte le réseau. «Certainement plus de 300, sans parler des pierres de granit pour les escaliers, des pierres murales et du marbre», raconte Mario Lalancette, contremaître à la STM.
Actuellement, le gros du stock est situé sur le site de Saint-Laurent d’Youville, à la station Snowdon, et dans de plus petits locaux techniques situés dans certaines stations. La STM travaille à référencer tous ces matériaux et à les entreposer à une seule place. Bon courage!
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La caverne d’Ali Baba de la STM
Les clients perdent tellement de choses que la STM emploie quatre personnes à plein temps pour répondre aux 500 «appels à l’aide» quotidiens d’usagers tête en l’air.
À notre passage, on dénombrait plus de 300 clés qui feront le bonheur d’un ferrailleur, plusieurs dizaines de sacs à lunch, des vêtements qui seront distribués à des organismes pour les sans-abri, des cellulaires par dizaines, des parapluies et même des cannes et des béquilles! Fait étonnant, les usagers semblent faire peu d’efforts pour retrouver leurs biens. «Même si on récupère environ 300 portefeuilles par mois, moins de 10% seront réclamés», indique Marc Ouellet, préposé au service à la clientèle.
Depuis qu’il occupe ce poste, soit 15 ans, il a eu le temps d’emmagasiner les anecdotes. Comme ce sac disparu à Paris et que le voleur a finalement oublié dans le métro de Montréal. «Il contenait des euros et des produits électroniques. Son propriétaire français a été surpris d’apprendre où il avait été retrouvé!» raconte M. Ouellet, qui a aussi déjà reçu un crâne humain marqué au crayon par un prof de biologie et même le chaton qui allait l’accompagner pendant sept ans.
Moins drôle est l’histoire d’une famille marocaine fraîchement débarquée au Québec, qui a oublié dans le wagon les couches de bébé. On y avait caché tout l’argent de la vente de la maison au Maroc, le temps de trouver une banque à Montréal. «Malheureusement, on ne nous l’a jamais retourné», se désole encore M. Ouellet.
Revoyez la liste du lundi qui dresse un inventaire des objets trouvés