Gangs de rue: Une formation pour les policiers
Montréal compte entre 300 et 500 membres reconnus de gangs de rue, selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Afin de faire face à la problématique, les policiers montréalais doivent suivre une formation. Mais de l’aveu même du SPVM, cette formation ne peut éliminer tous les risques de bévues.
Au cours de l’enquête publique sur la mort de Fredy Villanueva, les agents Stéphanie Pilotte et Jean-Loup Lapointe ont eu de la difficulté à expliquer ce qu’est un membre de gang de rue. L’assistant-directeur et chef du Service des enquêtes spécialisées du SPVM, Jacques Robinette, ne s’en est pas inquiété.
«On n’a pas la prétention de former 4 500 experts en gangs de rue, a-t-il indiqué mardi, en marge de la présentation du Bilan 2009 du SPVM en matière de lutte aux gangs de rue. D’ailleurs, même les experts n’ont pas la prétention de connaître ce qu’est un gang de rue. Notre rôle est plutôt de donner tous les outils nécessaires aux policiers pour leur permettre d’intervenir auprès des gangs de rue.»
Les policiers du SPVM ont réalisé 117 enquêtes liées aux gangs de rue au cours de l’année 2009. Ce travail leur a permis d’effectuer 1 150 arrestations, d’accuser 26 personnes de gangstérisme et de saisir 168 armes et plusieurs centaines de milliers de dollars.
Groupes en mouvance
Le phénomène des gangs de rue connaîtrait certains changements dans la métropole. Bien que Montréal compte toujours deux principaux gangs de rue, les bleus (Crips) et les rouges (Bloods), il semble que l’appartenance à une couleur soit de moins en moins importante pour les membres. «La couleur du groupe est beaucoup moins importante que le profit qu’on peut y faire, a expliqué Jacques Robinette. On voit même des associations entre les membres des deux principaux groupes.»
Le phénomène des membres émergents a évolué au fil des ans et est devenu difficile à évaluer pour les policiers. «Les membres émergents sont très volatiles», a soutenu M. Robinette.