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La formation des policiers mise en doute

La Ligue des droits et libertés a mis en doute jeudi l’application faite par les services de police du principe selon lequel ils doivent offrir une protection égale à tous les citoyens. Présentant un mémoire sur le profilage racial devant la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), Nicole Fillion, la coordonnatrice de la Ligue, et Me Philippe Robert de Massy ont indiqué qu’une «certaine culture policière à Montréal» avait eu pour effet d’éloigner la police de la population.

«Malgré les beaux discours et la police communautaire, les policiers sont aujourd’hui plus durs, notamment avec les jeunes», a indiqué Me de Massy. La Ligue des droits et libertés a d’ailleurs remis en question la formation offerte aux policiers et le mandat qui leur était confié.

«Il serait très important de se demander ce qu’on enseigne aux policiers et de vérifier s’ils reçoivent implicitement le mandat de prévoir le crime, a estimé Philippe Robert de Massy. Un tel mandat n’est pas réaliste. Il n’est pas possible de prédire la criminalité. Si on le fait, ce sera toujours sur la base de stéréotypes et au détriment de certains groupes.»

En ce sens, la lutte aux gangs de rue a été sévèrement critiquée par la Ligue des droits et libertés, qui juge qu’une telle offensive a eu pour effet de créer une brèche entre les policiers et les membres des minorités visibles.

La Ligue des droits et libertés a recommandé que la Commission exige une révision complète des pratiques policières et des règlements, notamment celui sur les incivilités, dont l’application a été jugée arbitraire.

Recommandations

  • La Ligue des droits et libertés a présenté des recommandations hier dans l’espoir de mettre un terme au profilage racial.
  •     La Commission des droits de la personne doit jouer un rôle clé.
  •     Il faut exiger une reddition de comptes concernant le Plan québécois de lutte aux gangs de rue 2007-2010.
  •     Il faut réviser toute réglementation portant sur les incivilités et susceptible de favoriser des pratiques de profilage racial.
  •     Il faut agir pour contrer les sentiments d’impunité policière.

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