Les Autochtones en quête de visibilité
Les Autochtones doivent trouver leur place dans le débat public. C’est le message que veulent diffuser les organisateurs de Kébek, événement qui se tiendra demain à l’UQAM à l’occasion de la Semaine d’actions contre le racisme. Entrevue avec Gustavo Zamora Jiménez, coordonnateur du Cercle des Premières Nations de l’UQAM.
Pourquoi avoir choisi cette date en particulier pour organiser cette journée?
À l’instar du rapport de la Commission Bouchard-Taylor [sur les accommodements raisonnables], dans les discussions concernant la question interculturelle, la question autochtone n’est pas abordée. C’est pour cela que l’événement s’appelle La place des Premières Nations dans un Québec interculturel. Des chercheurs, associations, personnalités autochtones et non-autochtonesviendront exposer leur opinion et débattre sur le sujet. Un manifeste devrait être rédigé pour que soit incluse la voix des Premières Nations sur la question interculturelle.
Le racisme et les préjugés sont-ils, encore aujourd’hui, le principal obstacle à l’intégration des Autochtones?
Je ne dirais pas que le racisme est le principal obstacle, mais c’est évident que c’est un obstacle majeur au bien-vivre des Autochtones. Il y a un racisme institutionnalisé, comme le système des réserves, établi par le gouvernement fédéral. Chez les Québécois, il s’agit surtout d’ignorance et de méconnaissance de la situation. Beaucoup de familles québécoises hésitent lorsqu’un de leurs membres rencontre un Autochtone. Il faut rappeler que, jusque dans les années 1960, les manuels d’histoire décrivaient les Autochtones comme des peuples inférieurs.
Quelles sont les principales revendications des populations autochtones?
Nous demandons en premier lieu que le Canada signe la Charte des peuples autochtones des Nations unies, ce qu’il n’a toujours pas fait.