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Des pans de l'histoire de Montréal dorment encore dans notre sous-sol

Le mois d’août est le Mois de l’archéologie. C’est l’occasion notamment de (re)découvrir l’histoire courte, mais riche de Montréal. C’est aussi un bon moment pour en apprendre un peu plus sur un métier fascinant.

Encore une fois cette année, la ville ouvrira exceptionnellement sa réserve de collections archéologiques municipales, où elle a en stock près de 8 000 objets découverts sur son territoire. Prenez par exemple cette petite boîte en bois qui a été retrouvée par hasard lors de travaux d’excavation à l’est du Vieux-Port, dans ce qui était à l’époque le Faubourg Québec. «Il s’agit d’un cercueil datant d’environ 1850 qui contenait les restes d’un fÅ“tus», explique François Bélanger, l’un des trois archéologues de la ville de Montréal.

Chaque découverte entraî­­ne ensuite un travail d’analyse en laboratoire et une interprétation. Avoir pris le soin de construire un petit cercueil ne laisse-t-il pas supposer que l’enfant était désiré, mais que le couple était illégitime? Autrement, le corps aurait été enterré dans un cimetière. Quand l’archéologie se mêle à l’histoire, on peut envisager que ceux qui ont posé ce geste risquaient l’excommunication pour avoir enterré un fÅ“tus en dehors d’un cimetière.

Et quand l’archéologie s’allie avec la biologie, elle permet d’entamer des recherches captivantes. C’est ce qui est arrivé avec les ossements des 140 corps exhumés en 2006 sous le parvis de la Basilique Notre-Dame. Ce sont des doctorants de l’Université de Montréal spécialisés notamment en paléonutrition qui les ont récupérés. «La technologie permet désormais, en analysant la composition chimique des os, de déterminer la morphologie des gens de l’époque, leur alimentation et les problèmes de santé dont ils souffraient», explique
M. Bélanger.

Ils permettront peut-être de confirmer d’où viennent les étranges encoches dans les dents des enfants. Serait-il possible que cela soit dû à l’utilisation d’une farine mal tamisée, contenant de petites roches, pour la confection du pain? À Montréal, plusieurs autres sites excitent actuel-lement l’imagination des archéologues. Sous un vulgaire stationnement de la Place d’Youville dorment par exemple les vestiges du parlement du Canada uni. Un édifice brûlé en 1849 par des manifestants et que le Musée Pointe-à-Callière compte fouiller et mettre en valeur.

À Verdun, sur le site de la Maison Saint-Dizier, ce sont des campements amérindiens vieux de 4 000 ans qui intéressent les archéologues. Trouver une simple pointe de flèche peut mener loin. Si le type de pierre dont elle est faite n’existe pas dans la région, on peut alors imaginer l’existence d’échanges avec des tribus situées aussi loin que la baie d’Ungava, au nord, ou ce qui est désormais la Floride, au sud. Jusqu’ici, près de 200 sites archéologiques ont été recensés sur l’île de Montréal.

Les 1 001 vies de l’archéologue

Le Québec compterait une centaine d’archéologues, une disci­pline qui peut se pratiquer de bien des façons. Le technicien de fouilles s’occupe du travail manuel sur le terrain et en laboratoire. Il dépend de l’assistant de terrain, qui s’occupe aussi de l’enregistrement des trouvailles. Le chargé de projet encadre tout ce beau monde et rédige le rapport de recherche. Un archéo-logue travaille généra-lement pour une entreprise privée ou un musée, mais le ministère de la Culture, certaines villes, Parc Canada, le ministère des Transports et même Hydro-Québec en comptent dans leurs rangs.

La plupart des archéo­lo­gues ont leur spécia­lité, comme la paléonutri­tion (étude des ossements humains en nutrition) ou l’archéoentomologie (étude des restes d’insectes). Ceux qui ont des compétences en médecine légale peuvent aussi analyser des charniers pour redon­ner une identité aux victimes de génocide.

La formation est habi­tuel­lement intégrée dans des programmes plus vastes au sein des princi­pales universités (UdeM, Laval et McGill). L’Université du Québec à Chicoutimi offre, pour sa part, un certificat en archéologie. Le Collège Laflèche (Trois-Rivières) et le cégep FX-Garneau (Québec) dispen­sent aussi des cours.

Des activités
Cette année, le Mois de l’archéologie proposera 83 activités concentrées sur 48 sites au Québec.

En voici quelques-unes :

  • L’expédition Archéo-Lachine propose de découvrir le commerce de la fourrure à bord d’un canot rabaska. L’expédition comprend la visite d’un chantier archéologique. Les samedi et dimanche du 31 juillet au 29 août.
  • Archéologue en herbe. Le musée Pointe-à-Callière offre aux jeunes la possibilité de participer à une simulation de fouilles. Les 28 et 29 août.
  • Ici Longueuil a commencé met en valeur une foule d’objets retrouvés dans le parc de la Baronnie.

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