Les séquelles de la tuerie de Dawson
Près du tiers de la communauté du collège Dawson a développé un trouble psychologique au cours des 18 mois suivant la fusillade dans laquelle Anastasia Desousa a perdu la vie et 16 étudiants ont été blessés. «Plus les gens ont été près de l’événement, plus ils ont été blessés psychologiquement», a expliqué jeudi le Dr Alain Lesage, du Centre de recherche Fernand-Séguin de l’hôpital Louis-H. Lafontaine.
Il présentait des résultats de la première étude jamais faite sur les conséquences psychologiques d’une tragédie dans un milieu scolaire. Le Centre de recherche Fernand-Séguin de l’hôpital Louis-H. Lafontaine et le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) ont réalisé les travaux. «La majorité des gens n’ont pas présenté de trouble mental, a indiqué le Dr Lesage, mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas intervenir». Seulement 13% de la communauté du collège Dawson a consulté un professionnel de la santé mentale, mais 14% ont surfé dans Internet pour trouver de l’information de nature psychologique.
Dans les heures qui ont suivi la fusillade au collège Dawson, une équipe de gestion de crise avait été mise sur pied. Cette initiative a été encensée par les chercheurs, mais ils ont voulu pousser l’idée plus loin en proposant le plan SÉCURE. Celui-ci vise à mieux aider les directions des établissements scolaires à réagir lors de tragédie du genre de celle survenue au collège Dawson. «On suggère que chacune des régions du Québec prévoie une équipe de gestion de crise prête à intervenir dans les milieux scolaires», a dit le directeur du Centre d’études sur le trauma de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine, le Dr Stéphane Guay.
Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, entend prendre très au sérieux les recommandations des chercheurs.
Troubles
Au lendemain du 13 septembre 2006, étudiants, enseignants et personnel du cégep ont souffert:
- de dépression majeure (12,1%)
- de dépendance à l’alcool (8,7%)
- de phobie sociale (9,6%)
- de stress post-traumatique (3,4%)
- de dépendance aux drogues (2,6%)
- D’autres ont eu des idées suicidaires (6,6%)
- Certains ont tenté de se tuer (0,9%).