Les demandes d'aide alimentaire explosent
La dernière année a été très difficile pour les Montréalais. À l’occasion du dévoilement de son Bilan Faim 2010, Moisson Montréal a révélé mardi que 140 697 personnes avaient eu recours à l’aide alimentaire en 2010, contre 115 467 en 2009. Il s’agit d’une augmentation de 22 %.
L’année dernière, la hausse de la fréquentation des comptoirs alimentaires n’avait été que de 2,8 %. «Dans les deux premières années d’une crise économique, les gens essaient de se débrouiller, de trouver eux-mêmes des solutions, a indiqué le directeur à la liaison communautaire chez Moisson Montréal, Zakary O. Rhissa. Puis arrive le moment où ils ne sont plus capables de subvenir seuls à leurs besoins. C’est là qu’on est rendu.»
La situation est aussi critique au Québec, où le nombre de personnes qui ont eu recours à une aide alimentaire a bondi de 38 % depuis 2008. Le cas des étudiants prestataires de prêts et bourses inquiète particulièrement Moisson Montréal. Entre 2009 et 2010, le nombre d’étudiants qui ont eu recours à de l’aide alimentaire dans la métropole a plus que doublé.
«On peut difficilement expliquer le phénomène, a affirmé M. Rhissa. Mais on peut craindre que la situation persiste ou s’aggrave avec la hausse des droits de scolarité qui est annoncée.» Les hausses importantes que rapporte le Bilan Faim n’ont rien pour rassurer Moisson Montréal, qui peine à récolter suffisamment de denrées pour aider tous les gens dans le besoin.
«Les dons de denrées demeurent constants, mais devant la hausse record de personnes visitant les comptoirs alimentaires, nous ne pouvons suffire à la demande des organismes, ce qui résulte en une diminution de l’aide accordée à chacun», a expliqué Danielle Blain, directrice du financement chez Moisson Montréal.
La banque alimentaire a aidé, en 2010, 213 organismes communautaires. Quelque 131 200 sacs de provision ont été distribués chaque mois, en hausse de 13,4 % par rapport à 2009. Pas moins de 86 350 personnes ont ainsi été aidées, ce qui représente une augmentation de 64 %. Zakary O. Rhissa craint que l’année 2011 soit aussi difficile pour les banques alimentaires du Québec. «Le gouvernement a aidé les entreprises à sortir de la crise économique en y investissant des sommes importantes, mais il n’a rien fait pour les gens», s’est-il désolé.
Quelques chiffres
Moisson Montréal a présenté hier son Bilan Faim 2010. Voici quelques statistiques tirées de ce bilan.
- 140 697 personnes sont aidées chaque mois sur l’île de Montréal. En 2009, 115 467 avaient reçu une telle aide.
- 53 465 enfants sont aidés chaque mois. Il s’agit d’une augmentation de 35 % par rapport à 2009.
- 13 % des ménages qui obtiennent de l’aide alimentaires ont un emploi. Ce pourcentage est en hausse depuis 2009.
- 1 689 étudiants prestataires de prêts et bourses ont eu recours à de l’aide alimentaire en 2010. Ils n’étaient que 667 dans la même situation en 2009.
- 2/3 des ménages aidées en 2010 étaient composés de familles monoparentales ou de célibataires.