Bergeron affirme que le maire Tremblay a lâché la coalition
MONTRÉAL – Même si c’est le maire de Montréal qui lui a montré la porte,
parce qu’il refusait de se montrer solidaire du reste de l’exécutif en
faveur du projet de l’échangeur Turcot, le chef de Projet Montréal,
Richard Bergeron, affirme que c’est plutôt le maire Gérald Tremblay qui a
lâché la coalition et fait preuve de « faiblesse » face à Québec.
Au cours d’une rencontre avec la presse, vendredi, au lendemain de son
départ du comité exécutif, le chef de Projet Montréal a reproché au
maire Tremblay d’être fidèle à sa famille politique libérale plutôt
qu’aux Montréalais en se ralliant derrière le projet du ministère des
Transports. Le maire de Montréal a déjà été député libéral et ministre
de l’Industrie et du Commerce de 1989 à 1994.
En avril dernier, le maire et les partis d’opposition avaient proposé
une solution de rechange au projet du ministère des Transports, mais
beaucoup plus coûteuse. Le ministère des Transports, qui paie la
totalité du projet, a plutôt opté pour un projet moins ambitieux.
Depuis, le maire a dû se ranger derrière le projet du ministère, mais M.
Bergeron a refusé de se rallier.
« C’est cette unanimité politique montréalaise que brise Gérald Tremblay
en se ralliant à la dernière évolution du mauvais projet du MTQ. Gérald
Tremblay rejoint, par le fait même, sa famille politique à Québec.
Gérald Tremblay est fidèle à sa famille politique à Québec plutôt que
d’être fidèle aux Montréalais », a tonné M. Bergeron.
Le chef de Projet Montréal a dénigré non seulement le projet du
ministère mais son attitude face à Montréal, affirmant que le ministère
ne sait pas comment construire en ville, qu’on ne peut y construire
« comme dans le parc des Laurentides ».
« D’une certaine manière, le MTQ va agir en cowboy à Montréal et celui
qui officiellement est le shérif de Montréal se déclare absent et se met
plutôt du côté du cowboy », a lancé avec sarcasme M. Bergeron.
Il a exprimé une certaine amertume face à la tournure des événements, en
se rappelant l’époque où les partisans du projet plus ambitieux avaient
présenté leur solution de rechange. « Quel bel esprit régnait dans les
services à la Ville de Montréal à ce moment-là. Malheureusement, esprit
qui est maintenant trahi, ce qui est fâcheux », a-t-il dit.
M. Bergeron prévient par ailleurs que le combat contre le projet
d’échangeur Turcot que présentera publiquement le ministère, mardi
prochain, ne fait que commencer. Il affirme avoir plusieurs alliés dans
sa lutte contre ce projet d’échangeur.
« Le combat Turcot n’est pas terminé; il ne fait que commencer. Moi, je
retrouve mon droit de parole complet. Je n’ai plus de devoir de
solidarité avec quiconque, sinon avec les membres de ma formation
politique. Et je l’avais dit à Gérald Tremblay: on va s’entredéchirer
sur la place publique, ça ne sera pas joli. Et si vous croyez que ça va
renforcer Montréal, vous vous trompez », avertit-il.