Tour guidé des Îlots de chaleur montréalais
Le temps des grandes chaleurs est arrivé, et le mercure dépassant régulièrement les 30 °C en incommodera certainement plusieurs cet été. Puisqu’on considère que notre environnement urbain peut jouer un rôle pour augmenter ou atténuer l’effet de cette chaleur, est-il adapté pour nous épargner quelques gouttes de sueur? Métro a examiné plusieurs exemples d’aménagements urbains en compagnie d’Olivier Canuel Ouellet, qui effectue sa maîtrise sur les îlots de chaleur urbains et qui guidera des balades sur le sujet, organisées les 16, 18 et 20 juillet.
Causes et conséquences des îlots de chaleur urbains
La température en milieu urbain peut atteindre jusqu’à 12 °C de plus que dans les zones rurales environnantes, de nuit comme de jour. On appelle ce phénomène «îlots de chaleur urbains». En fonction de divers facteurs comme le verdissement, les matériaux, les couleurs et les reliefs de l’aménagement urbain, la température peut également être plus élevée dans certaines parties de la ville. Les conséquences sanitaires des îlots de chaleur sont importants : les risques de décès en situation de canicule sont bien réels, surtout pour les personnes âgées. «Si on considère à la fois le vieillissement de la population, les changements climatiques et l’urbanisation croissante, les îlots de chaleur vont devenir un enjeu de santé publique majeur», croit Olivier Canuel Ouellet.
Place des festivals
La Place des festivals est esthétique, mais elle n’a sans doute pas été conçue pour repousser la chaleur. Le noir, comme les pierres qui recouvrent une grande partie de la place, est la couleur qui absorbe le plus la chaleur. Cela est facile à constater en posant une main sur une pierre noire et une autre sur une pierre blanche, qui sera beaucoup plus fraîche. Les petits enfants qui voudront s’amuser dans les jets d’eau se brûleront donc les pieds!
Terrain de jeu en gazon synthétique
Aux habitations Jeanne-Mance, aux coins des rues Ontario Est et Sanguinet, les enfants jouent au soccer sur du gazon synthétique. Encore une fois, un simple test tactile permet de sentir à quel point le gazon naturel est plus frais! «Les enfants qui s’amusent sur le terrain et les habitants des logements qui l’entourent vont ressentir davantage la chaleur, même la nuit, puisque le sol en plastique vert, en dessous duquel se trouve une couche de plastique noir granuleux, absorbe l’énergie solaire toute la journée et continue de la relâcher lorsque le soleil est couché», estime M. Canuel Ouellet.
Maison du développement durable
La végétation refroidit l’air par sa capacité à capter l’eau du sol et à la faire évaporer en captant la chaleur. C’est pour cela que les parcs sont généralement considérés comme des îlots de fraîcheur. Les concepteurs de la Maison du développement durable, par exemple, ont fait planter beaucoup d’arbres et de plantes sur son terrain. On y a aussi aménagé un sol grillagé au dessous duquel se trouve de la terre et de la céramique, permettant de retenir l’eau pour irriguer la végétation.
Stationnement des habitations Jeanne-Mance
Les stationnements et les grands développements commerciaux, tout en asphalte foncé perméable, sont parmi les endroits les plus problématiques pour la formation d’îlots de chaleur. Comment contrer cet effet? En végétalisant ces stationnements et en aménageant des bassins de rétention d’eau, comme l’a fait la Corporation d’habitation Jeanne-Mance, en partenariat avec l’Éco-quartier Saint-Jacques.
Autres efforts
Nous n’avons évidemment pas pu énumérer tous les efforts de la ville pour encourager le verdissement et réduire les îlots de chaleur, comme son Plan d’action canopée 2012-2021. L’arrondissement Rosemont – La Petite-Patrie a également adopté une politique qui exige que les toits plats nouvellement construits ou refaits soient blancs, recouverts de végétation ou aient un indice de réflectance solaire élevé.





