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En tout cas, ça a l'air que…

En voulez-vous une bonne? Ça a l’air que c’est le pape Paul VI qui aurait lui-même commandé l’assassinat de John Kennedy en novembre 1963 parce qu’il était dégoûté par la sexualité débridée du président des États-Unis. En voulez-vous une meilleure? Ce que je viens d’écrire là, c’est n’importe quoi, je viens de l’inventer!

Ce que j’ai fait, c’est de profiter d’une tribune publique pour attirer l’attention en ajoutant mon grain de sel pour me montrer intéressant. Suis-je le seul à faire ça ces temps-ci? Oh que non! Juste à lire ce qui circule sur Twitter et les autres plateformes de technomémérage pour comprendre que le colportage de fabulations ne s’est jamais mieux porté. Depuis le temps que les «conspirationnistes» et autres exégètes de tout acabit se cherchaient un terrain pour laisser libre cours à leur fantaisie, ça y est, le bonheur est total. Bienvenue dans l’ère du «ça a l’air que…»

Ils sont beaux à voir aller, les adeptes du tweet. Expliquant l’incompréhensible, devinant ce qui alimente la paranoïa collective, réécrivant ce qui date à peine d’hier. Tout ça en moins de 140 caractères, c’est là, hélas, la seule limite qu’impose Twitter. Pour le reste, ça peut aller du très pertinent au n’importe quoi! Cent quarante caractères, c’est peu et en même temps bien en masse pour combler le vide. Parce que c’est bien de cela qu’il est question ici : du vide.

Vous voulez savoir ce qui se passe réellement dans le vestiaire du Canadien? Ça vous dirait qu’on vous raconte pourquoi Untel n’a pas été invité à Tout le monde en parle? Ou alors pourquoi l’autre est parti en congé sans faire une conférence de presse? Attendez une minute, il y aura sûrement un volontaire aux pouces fébriles qui saura apaiser votre soif de connaissance et combler votre ignorance en vous envoyant un tweet de circonstance… Évidemment, tout ceci restera entre vous. Entre vous tous, par exemple…

Les réseaux sociaux contribuent à faire circuler l’information. Ils permettent à tous, d’une manière admirablement équitable, d’apporter leur contribution au grand palabre collectif. Quand on a quelque chose à dire, c’est fabuleux. Quand on tombe à vide, bien ne reste plus qu’à en inventer. Dans le vrai comme dans le faux, il en restera tout autant.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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