Des Égyptiens de Montréal manifestent
Une quinzaine de membres de la communauté égyptienne ont manifesté dimanche devant le consulat égyptien situé au 1000 de la Gauchetière Ouest, pour demander au Canada d’adopter une position plus ferme envers le président Hosni Moubarak. Cette quatrième journée consécutive de manifestation à Montréal fait écho aux rassemblements qui ont lieu dans d’autres villes du pays, dont Ottawa et Toronto.
S’ils sont là avant tout pour soutenir le soulèvement po-pulaire en Égypte, les manifestants déplorent également la position ambiguë des États-Unis et du Canada sur la question du renversement du gouvernement. «Le nouveau vice-président fait partie du régime de Moubarak. C’est la même mafia qui est au pouvoir depuis 30 ans et elle y restera pour les 30 prochaines années si on ne fait rien», a expliqué à Métro Yasser Shoukry, avocat indépendant spécialisé dans les droits de l’Homme.«Le Canada souhaite des réformes démocratiques, mais il ne fait que les demander au président Moubarak. C’est hypocrite!» souligne-t-il.
Pour le ministre des Affaires étrangères du Canada, Lawrence Cannon, il s’agit d’une situation «interne». Le Canada refuse toute ingérence dans les affaires de l’Égypte. Le ministre a toutefois appelé le nouveau gouvernement nommé par le président Moubarak à poursuivre les réformes. «Respecter la volonté du peuple égyptien, comme le demande le ministre Lawrence Cannon, ça commence avant tout par l’élection d’un nouveau président», revendique Ehab Lotayef, l’un des organisateurs des manifestations de Montréal.
Selon lui, le Canada et les États-Unis ont peur qu’un renversement du régime en place – considéré comme stable avant le début des protestations – vienne menacer leurs intérêts économiques dans le pays et la région. La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a d’ailleurs répété dimanche que les États-Unis n’avaient pas l’intention d’exercer de pression financière sur l’Égypte.
Ça se poursuit
D’autres rassemblements sont prévus alundi et dans les jours à venir, selon les organisateurs de celui de dimanche. «Nous serons là aussi longtemps qu’il faudra pour que le gouvernement Harper nous entende et prenne une position claire. On garde espoir», a garanti Yasser Shoukry.