Le Jeune Conseil veut éradiquer la pauvreté
Les membres du 24e Jeune Conseil de Montréal ont adopté hier un projet de règlement pour faire reculer la pauvreté à Montréal, au cours du dernier jour de simulation d’un conseil municipal à l’hôtel de ville.
Une cinquantaine de jeunes, des étudiants pour la plupart, ont longuement débattu sur les questions de précarité, d’accès à l’emploi et au logement. Trouver un remède aux problèmes de pauvreté à Montréal était l’un des sujets qui touchait le plus les jeunes conseillers.
«Il y a un problème à Montréal en terme de pauvreté. Plus de 500 000 habitants vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté, soit environ 30% des Montréalais», affirme le conseiller Moussa Mohsenzadeh, à l’origine du projet de règlement.
Étudiant en sociologie à l’UQAM et conseiller auprès de la majorité municipale le temps d’une fin de semaine, il est convaincu de l’efficacité de ses dispositifs et est soutenu par le jeune maire fictif, Simon St-Georges. Il part du principe qu’on peut sortir les gens de leur condition par le travail.
«Il faut mettre à profit la fonction municipale pour aider les individus des Zones d’intervention prioritaires [ZIP] à sortir de la pauvreté. Je veux leur permettre d’entrer dans la fonction publique», précise-t-il. Dans les secteurs les plus sensibles, un tiers des postes de fonctionnaires seraient réservés aux plus démunis.
Selon lui, les ZIP doivent être créées pour encadrer les «poches de pauvreté» à Montréal, et permettre de mieux cibler les actions à mener. Un système de microcrédits, géré par la ville, devrait par ailleurs permettre aux entrepreneurs les plus démunis de créer leur entreprise à but social.
Pour l’opposition – toujours fictive – la création de ZIP n’est pas la solution car elle ghettoïse les quartiers pauvres. La formule de discrimination positive dans la fonction publique municipale est l’un des points les plus critiqués.
«Le projet ne crée pas d’emplois, il décide juste d’attribuer plus de postes aux personnes en situation difficile. C’est discriminer les autres Montréalais tout aussi compétents», rétorque une participante.
«Il y a eu beaucoup d’intérêt pour ce projet, aussi bien de la part de la majorité que de l’opposition», affirme de son côté la mère de Moussa, Mojgan Pourmohsen. Venue soutenir son fils, elle l’a surtout aidé à mettre au point le texte sur lequel il travaille depuis un an.