«On peut être sceptique sans être un ennemi de la planète»
L’idée que l’homme est responsable du réchauffement climatique est devenue toxique, estime l’auteur Michel Pruneau, qui a signé en 2010 l’ouvrage La dérive écologique – le mythe de la terre en colère. Tout juste avant sa conférence, organisée aujourd’hui par l’asso-ciation des Sceptiques du Québec, il décortique pour Métro la panique écolo-gique qui se serait emparée d’une bonne partie de la population.
Quelles dérives dénoncez-vous dans votre ouvrage?
On assiste depuis quelques années à la montée d’une culture de la catastrophe qui se base sur un soi-disant consensus scientifique relayé par les médias. On veut nous faire croire que l’activité humaine va entraîner des catastrophes naturelles sans précédent. Cette idée toxique est à la source des orientations politiques qui sont absolument inadéquates pour réussir à relever les défis de l’avenir. L’idée de la fin du monde n’est certaine-ment pas mobilisatrice.
Quelles données scientifiques sont discutables, selon vous?
On sait peu que plusieurs scientifiques ont démissionné du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Dans mon livre, j’en présente cinq qui déplorent le recours trop exclusif aux modèles mathématiques, qui ne prennent plus en cause les données scientifiques observées sur le terrain. Par exemple, il y a un réchauffement, mais il n’entraîne pas d’augmentation de la fréquence et de la violence des ouragans. Par ailleurs, plus de 31 000 scientifiques ont signé une pétition pour indiquer qu’ils sont en désaccord avec les prévisions de catastrophes liées au réchauffement climatique.
Il reste qu’être plus vert n’est pas une mauvaise chose, non?
Améliorer notre environnement est un objectif louable et fondamental, puisque nous serons neuf milliards d’humains en 2050. Mais ce n’est pas en prônant la décroissance économique mondiale que nous allons l’améliorer, l’environnement. Au contraire. Il faut sortir de cette pensée manichéenne qui veut que, si on est sceptique sur la question climatique, on est forcé-ment un ennemi de la planète.