Piétonnisation et voix discordantes
La piétonnisation de la rue Sainte-Catherine ne ferait pas que des heureux. Le propriétaire de la boutique de vidéos XXX Wega Video entend démontrer à l’arrondissement de Ville-Marie que la fermeture de la rue Sainte-Catherine, entre la rue Berri et l’avenue Papineau, nuit à plusieurs commerces de détail.
George Somers a indiqué avoir perdu 20 000$ pendant chacun des trois mois qu’a duré la piétonnisation, en 2010. Confiant de pouvoir compter sur l’appui de nombreux commerçants qui se sentiraient lésés par la fermeture de la rue Sainte-Catherine à la circulation automobile, M. Somers prépare sa riposte.
«J’ai manqué de temps cette année, mais l’année prochaine, je compte faire circuler une pétition parmi les commerçants, a-t-il expliqué. Je crois pouvoir obtenir la signature de 260 commerçants sur les 390 que compte la rue. Avec ça, l’arrondissement devra réagir.»
Renald Gilbert, co-propriétaire de la friperie Frip Frap Pop, croit également que la décision de piétonniser la rue Sainte-Catherine était mal avisée. «Dès la première année de la piétonnisation, mon chiffre d’affaire a diminué de 30%, a-t-il soutenu. Aujourd’hui, il est descendu à 50%.»
Incapable de retrouver le chemin de la rentabilité, Frip Frap Pop quittera la rue Sainte-Catherine d’ici la fin du mois de mai, 12 ans après y être arrivée.
Ultimement, George Somers aimeraient convaincre l’arrondissement de limiter aux mois de juillet et août la piétonnisation de Sainte-Catherine.
Une piétonnisation rentable
La Société de développement commercial (SDC) du Village et l’arrondissement de Ville-Marie, deux partenaires dans la piétonnisation de la rue Sainte-Catherine, ont tenu à mettre en perspective les récriminations des commerçants malheureux. «Il y a quelques commerçants qui se plaignent, a admis Patrick-Jean Poirier, porte-parole de l’arrondissement. Mais ce sont des cas isolés.»
Un sondage mené au terme de la piétonnisation de 2010 par la SDC du Village semble donner raison aux partisans de l’événement. «Nous avons consulté les propriétaires de commerces de détails l’année dernière et 81 % d’entre eux nous ont dit qu’ils souhaitaient que la piétonnisation revienne cette année, a précisé Bernard Plante, directeur général de la SDC du Village. On voudrait plaire à tout le monde, mais ce n’est pas possible. Ça m’attriste que des commerçants ne soient pas contents, mais on est en train de bâtir quelque chose de bien et on n’arrêtera pas maintenant.»
Selon M. Plante, la piétonnisation de la rue Sainte-Catherine permet de tripler son achalandage à certaines périodes de l’été. Et bien qu’il lui soit difficile d’obtenir les chiffres d’affaires des commerces membres de la SDC, Bernard Plante affirme que l’expérience est rentable.
«Certaines personnes m’ont parlé d’une augmentation de 30% de leur chiffre d’affaire alors que d’autres parlaient d’une hausse de 100%, a-t-il indiqué. Si la piétonnisation n’était pas rentable, on ne la ferait plus.»
Le directeur général de la SDC du Village dit que la rue Sainte-Catherine devrait être piétonne de l’avenue Papineau jusqu’au Quartier des spectacles à compter de 2012.