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Stephen Léopold: un choc électrique pour Montréal

Exploiter davantage les énergies vertes pour que Montréal redevienne une
ville phare, c’est ce que propose Stephen Léopold, un vieux routier de
l’industrie immobilière qui pense que la métropole stagne. Métro s’est
entretenu avec lui.

Montréal a tout ce qu’il faut pour devenir
une ville phare. Il suffirait que le Québec exploite davantage les
énergies vertes et en fasse la promotion, au dire de Stephen Léopold.
«Nous pouvons devenir la société la plus électrique du monde», résume
simplement cet entrepreneur qui a fait sa marque dans le secteur de
l’immobilier Stephen Léopold est de retour à Montréal depuis 1 an, après
avoir passé 17 ans à New York. Et il a de grandes ambitions pour sa
ville natale, qui fait du surplace selon lui.

Aujourd’hui
président du conseil d’Avision Young Québec, une société de services
immobiliers commerciaux, il souhaite que le Québec se concentre sur ce
qui le différencie : l’hydroélectricité. «Aucun autre endroit n’a une
aussi grande capacité de faire dans le vert et le renouvelable que le
Québec, croit M. Léopold. Les États-Unis veulent une énergie verte à 85 %
d’ici 2035. Ici, on est déjà à 98 %!» note-t-il.

Si le Québec
devient le lieu par excellence de l’énergie renouvelable, Mont­réal
pourrait attirer de nombreuses compagnies. «Beaucoup de gens seraient
intéressés à vivre et à travailler ici. Nous pourrions attirer des
compagnies, des chercheurs, des universitaires», pense l’homme de 59
ans. 

M. Léopold, qui est cité dans le livre de Donald Trump The
Best Real Estate Advice I Ever Received, fixe donc à sa province un
objectif plus qu’ambitieux : 5 millions de voitures électriques d’ici
2020. «Neuf ans, c’est beaucoup. Les villes hôtes des Jeux olympiques
sont choisies sept ans avant la tenue de l’événement, et voyez tout ce
qui change dans ces métropoles», affirme M. Léopold, qui souhaite
également que le Québec profite de ses grands espaces pour développer
l’énergie éolienne.

L’incident nucléaire qui secoue le Japon
présentement pourrait bien jouer en la faveur du Québec. «Le nucléaire
est mort pour 20 ans, avance M. Léopold. La situation au Japon est une
tragédie, mais ça nous met dans une position encore plus forte en
matière d’énergie.» Les grands projets hydroélectriques ont été un
levier majeur de l’économie québécoise, mais selon Stephen Léopold, il
est temps que nous cessions de regarder les succès du passé et que le
Québec passe à la prochaine étape. M. Léopold croit qu’il serait très
facile d’installer des bornes de rechargement un peu partout. «Le
leadership doit venir du gouvernement du Québec», croit l’entrepreneur
qui se décrit comme un nationaliste.

«Les intérêts du Canada
sont peut-être différents de ceux du Québec à cause du pétrole. Mais la
seule chose dont nous avons besoin de la part du Canada pour le moment,
c’est un nouveau pont Champlain!» Si la collectivité fait le choix vert,
M. Léopold croit que les gouvernements n’auront pas le choix de suivre.
«Le jour est venu de stopper le lobby du pétrole. Les gens veulent de
l’énergie verte. C’est comme dans un mariage. Si ça pousse plus fort
d’un côté que de l’autre, l’union est rompue.»

Si j’étais maire de Montréal…
Plusieurs
voient Stephen Léopold à la mairie de Montréal. L’homme a déjà reçu
quelques offres l’incitant à faire le saut en politique. «Est-ce que ça
m’intéresse? Peut-être, mais pas pour le moment. Je garde la porte
ouverte.» «Le maire Drapeau a fait beaucoup d’erreurs, mais c’était un
maire de vision. Il avait des idées de très grande envergure, mais il
pensait aussi aux petites choses, explique M. Léopold. Nous n’avons pas
eu de maire comme ça depuis. Il est temps que le maire pense aux petites
choses qui touchent les citoyens.» Nous avons demandé à Stephen Léopold
de poser son regard sur sa ville.

Transports en commun
«Les
actions sont contradictoires. On dit qu’on veut du transport en commun
et on y consacre beaucoup d’effort. Cependant, quand il y a une tempête,
on déneige les rues, mais les trottoirs – qui sont les rues de ceux qui
prennent le transport en commun – restent glacés.»

Commerce
«Il
y a 20 ans, tout le monde venait au centre-ville pour magasiner.
Aujourd’hui, les gens vont au Dix30 ou au Carrefour Laval. Pourquoi ne
rendrait-on pas le station­nement plus abordable la fin de semaine?
Il faut inciter les gens à venir dépenser à Montréal. Les commerçants
seront ensuite en mesure de payer des taxes foncières plus élevées.»

Architecture
«On
mesure la richesse d’un peuple par son architecture. En regardant le
Vieux-Montréal, on remarque que Montréal a déjà été très riche. Les
années 1960 ont aussi été une période faste. Malheu­reusement, les
choses n’ont pas beaucoup bougé depuis.»

Propreté
«Les
nids-de-poule et les graffitis donnent une très mauvaise impression aux
gens. Ce sont de petites choses, mais elles laissent leur marque.»

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