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Il y a tant de choses

Il y a ma dernière chronique.  Celle de mardi matin.  Une chronique qui se terminait par un appel lancé aux athlètes de ne pas attendre après les dirigeants de leurs circuits professionnels pour arrêter de se taper dessus comme des sauvages…  

J’étais là au Centre Bell l’autre soir.  J’ai vu venir le coup.  Et même si j’étais assis relativement loin, j’ai entendu le choc.  Un bruit sec, effrayant.  Là, comme vous, j’ai vu Pacioretty inerte, la face contre la patinoire.  Moi aussi, comme vous, j’ai cru qu’il était peut-être mort.  Au mieux paralysé.  Normal, le gars ne bougeait pas.  Je filais mal.  On a tous filé mal je crois.   Enfin, presque tous.

Il y avait les « théoriciens » du jeu qui se faisaient déjà aller la trappe. Ceux qui conçoivent que ces choses-là sont susceptibles d’arriver dans une arène où s’affrontent des athlètes conscients des risques courus.  Ceux qui jurent sur la tête de leur plus jeune que Chara n’avait pas d’intention malveillante, que Chara « n’est pas de ce genre-là ».  Ben non…

Il y a ce sport qui est devenu, au fil du temps, un exercice incontrôlé où les tricheurs s’en tirent presque toujours.

Il y a ce livre de règlements qui a été écrit il y a environ 100 ans alors que le joueur moyen mesurait 5 pieds 9 pouces et pesait 165 livres.  Le même gars qui, aujourd’hui, mesure 4 pouces de plus et pèse dans les environs de 210 livres.  Et en plus, il patine mauditement plus vite, lance 10 fois plus fort et est recouvert d’une armure qui peut également servir d’arme offensive au besoin.  Ce livre de règlements qui ignore qu’une mise en échec tolérable il y a cent ans pourrait possiblement être meurtrière aujourd’hui tant tout est plus gros, plus vite et plus violent.

Il y a ceux qui banalisent, qui ont tout vu et encore des biens pires.  Qui refusent de voir le corbillard qui avance pour venir cueillir le prochain mort.  Je pense entre autres à ce sans génie de la radio qui déclarait l’autre fois « qu’un gars qui n’est pas prêt à subir une commotion cérébrale ne mériterait pas de jouer dans mon équipe… ».

Il y a tout ça mais il y a surtout ce silence.  Ce maudit silence complice et épais.  Cette omerta qui pue.  Ce silence des joueurs et des dirigeants.   Et de certains analystes qui connaissent « la game » parce qu’ils l’ont jouée.   Qui ont été, pour la plupart, des matamores et qui doivent aujourd’hui leur présence dans les médias à je ne sais quelle mode à la con.  Ce silence de Jacques Martin, Pierre Gauthier et de Geoff Molson qui devraient arracher leur chemise pour défendre leur employé agressé.  Ce silence de Claude Julien qui devrait avoir honte d’avoir rassemblé une telle meute de sauvages.  Il y a Chara mais aussi Campbell, Lucic, Thornton, Horton, McQuade et autres Boychuk de m…   Des bums.

Il y a ces dirigeants qui se comportent comme des irresponsables en ne punissant pas les éléments dangereux de leur circuit.  Des incapables de voir à la santé du sport qui leur a été confié.  Des marketteux qui s’obstinent encore à développer des marchés dans des champs de cactus.

Il y a tant de choses qui écoeurent.

Mais là, il y a surtout un gars qui repose à l’hôpital.  Qui ne jouera vraisemblablement plus cette année.  Pour l’avenir, qui sait s’il reviendra ?  Et s’il revient, combien on gage que, pour lui, ça ne sera plus jamais tout à fait pareil.

Il y a le cour qui me lève devant tant d’inconséquence et d’imbécillité.  

Et dire que, comme vous, j’aimais le hockey moi aussi…

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