Soutenez

Michel le magicien

Il n’y a pas deux Michel Brûlé. Certains de ses compétiteurs du milieu de l’édition diront que c’est parfait comme ça.

Marginal du métier, ses succès de ventes en font suer une couple. Indépendantiste affirmé, il dénonce régulièrement l’hégémonie anglo-saxonne. Il a même été tenancier d’un bar où on ne jouait que de la musique en français. Un gars de principes. Chanteur à ses heures, Brûlé demeure le seul à savoir si son unique disque était une entreprise sérieuse ou s’il s’agissait d’une bonne blague. Ce qu’on en a retenu, c’est que c’était délicieusement pourri.

Jamais à court d’idées, Michel Brûlé vient tout juste de lancer une plaquette : 65 mesures pour améliorer le Québec. Son objectif est simple : décrocher le poste de maire de Montréal en 2013. Et pourquoi pas? Son livre n’est pas un programme politique en soi. Parlons plutôt d’un projet de société. Mais avant tout, il y a là une enfilade échevelée de mesures qui vont du plein d’allure… au farfelu de haute voltige. En voici un exemple.

Coupons de moitié le salaire des ouvriers qui empochent décidément beaucoup trop. On présume qu’ils gagnent en moyenne 55 $ de l’heure (!). Pour ce sacrifice, on offre à ces ouvriers l’assurance d’un travail en Haïti trois mois par année. Tout le monde suit? Ensuite, en échange de cette participation à la reconstruction du pays, le Québec réclame au gouvernement haïtien la souveraineté sur la moitié de son territoire. Tadaaam, c’est fait! Simple comme un plus un font deux. Ou à peu près…

Remarquez bien que Brûlé peut bien demander ce qu’il veut, c’est quand même étonnant de voir ce genre d’idée germer dans la tête d’un homme qui passe son temps à dénoncer l’impérialisme des autres. J’imagine que ça doit être ça, assumer ses contradictions… 

Qui d’autre a des idées? Les élections sont dans 30 mois… Ou à peu près.

? ? ?

Ces temps-ci, on parle beaucoup des coups à la tête dans les sports professionnels. Sidney Crosby est sur le carreau depuis janvier. Un ex-footballeur s’est tiré une balle dans le cour en voyant poindre la démence qui l’attendait, et, lors de son autopsie, on a trouvé d’importantes lésions cérébrales à Bob Probert, le matamore aux 10 000 coups de poing. Question : avant de réclamer des mesures de la part de leurs dirigeants, les boys pourraient-ils cesser de se taper dessus en sauvages?

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.