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La face dans le journal

Je le savais qu’on était pareils. Vous qui tenez un journal dans vos mains, sachez qu’au même moment, il y a de fortes chances que je me noircisse le bout des doigts en feuilletant moi aussi le journal du jour. Celui-ci ou un autre.

Pour moi, la lecture du journal est un rituel qui frise l’obsession. Quand le camelot n’est pas là, quand c’est jour de relâche – des étourdis osent appeler ça des jours fériés… – et même quand je suis au loin en vacances, l’absence de «gazette» au petit matin a le don de me foutre en rogne. Une vraie dépendance, que je vous dis. Tout est une question de substance…

Cette substance qui produit invariablement le même effet. Celle qui mêle la texture du papier et l’odeur de l’encre. Oui, je sais bien qu’il y a maintenant les pages web et les iPad, mais pour moi, il n’y a encore rien pour remplacer la pile de feuilles qu’il faut plier en deux, en quatre ou même en huit quand l’autobus est bondé. Quand on essaie malgré tout de se créer une bulle. Pour s’évader, parce qu’on a encore espoir de pouvoir se retrouver seul dans la foule. Pas nécessairement pour se couper du reste du monde, c’est même tout le contraire. C’est justement pour en apprendre toujours un peu plus sur ce qui se passe autour de soi qu’on s’enferme entre les pages de son journal. Ça aide à passer le temps aussi. Parce que seul avec son journal, le temps passe toujours follement vite.

Parlant du temps qui passe, le journal Métro, le vôtre autant que le nôtre, célèbre aujourd’hui ses 10 ans. Déjà 10 ans. Dans la nuit des temps, ça peut sembler bien court. Sauf que c’est quand même amplement suffisant pour savoir qu’entre nous, il s’est déjà développé une belle complicité. 

Déjà 10 ans, et dire qu’on commence à peine à se connaître. Ça nous fera encore plein de choses à nous raconter. Chacun dans son coin, la face dans son journal, il y aura toujours quelque chose qui va nous unir…

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Au Journal de Montréal, les trois quarts des effectifs viennent de perdre leur emploi. C’est d’une infinie tristesse. On a une bonne pensée pour ceux qui doivent partir. Et une autre, toute particulière, pour ceux qui vont rester…

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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