Le profilage social toujours aussi problématique
Même si le nombre de contraventions remises aux personnes itinérantes semble être en baisse, les problèmes de profilage social et de judiciarisation auxquels elles doivent faire face ne semblent pas être sur le point de se résorber.
Le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) a dévoilé mercredi son Portrait de la situation dans l’espace public montréalais. Les conclusions sont loin d’être encourageantes, aux yeux des auteurs.
Des intervenants communautaires issus d’une quarantaine d’organismes membres du RAPSIM ont participé à l’étude, menée entre décembre 2010 et mars 2011. Pas moins de 85 % d’entre eux estiment toujours que les rapports entre les personnes itinérantes et les policiers sont négatifs.
Pis encore, 60 % des intervenants jugent que les rapports qu’entretiennent les policiers avec les personnes itinérantes ne se sont pas améliorés au cours des cinq dernières années.
«Notre Portrait nous a donné un constat saisissant et des données surprenantes, a indiqué l’organisateur communautaire du RAPSIM, Bernard Saint-Jacques. Le rapport dit beaucoup de mal des autorités.»
Le RAPSIM a émis une série de recommandations visant à améliorer la situation des personnes itinérantes et à leur garantir le respect de leurs droits. Il souhaite tout d’abord développer de nouveaux recours en cas d’abus policier et de profilage social. Pour l’heure, les recours des personnes, qui s’estiment victimes d’abus, se résument au Tribunal des droits de la personne et à la déontologie policière.
Le Regroupement souhaite également mettre sur pied un observatoire permanent de l’espace public qui lui permettrait de colliger les abus policiers, de systématiser la collecte d’informations et de tracer un portrait plus précis du profilage social. Une première étape en ce sens sera franchie au cours de l’année alors que, déjà, le Portrait de la situation dans l’espace public montréalais sera mis à jour et les études menant à sa rédaction seront plus approfondies.
«Notre Portrait, cette année, n’est pas parfait, a admis M. Saint-Jacques. Mais il nous a permis de savoir où aller fouiller. La rédaction d’un nouveau portrait nous permettra de constater l’évolution de la situation.»