Soutenez

D'ex-employés d'un centre de réadaptation demandent réparation

Quelque 130 anciens employés du Centre de réadaptation Lisette-Dupras, aujourd’hui intégré au Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants du développement (CRDITED) de Montréal, ont déposé une plainte à la Commission des droits de la personne afin de faire reconnaître qu’ils ont été victimes de discrimination systémique. Ils espèrent obtenir le feu vert pour poursuivre le Centre pour plus de 6 M$.

Le groupe à l’origine de la plainte est formé à près de 80 % de femmes immigrantes. Bien qu’elles travaillaient uniquement au CRDITED de Montréal, elles étaient rémunérées par deux agences de personnel, les agences SAPH et SAD. N’étant pas officiellement à l’emploi du secteur public, les travailleuses gagnaient près de 7 $ de l’heure de moins que leurs consoeurs rémunérées directement par le CRDITED.

En 2008, les employés rémunérés par l’agence SAD ont déposé une plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) pour discrimination systémique. Une seconde plainte a été déposée cette semaine, cette fois par les employés de l’agence SAPH.

Entre-temps, les travailleurs ont perdu leur emploi, le 31 mars, le CRDITED de Montréal ayant décidé de ne pas renouveler leur contrat. Trois mois plus tard, la Commission des relations du travail a statué que les employés des deux agences de personnels étaient bel et bien à l’emploi du CRDITED de Montréal et que ce dernier devait les intégrer à son personnel. Le Centre a refusé de se plier à cette décision.

«Après 10 ou 20 ans à travailler après des patients du Centre Lisette-Dupras, on nous a dit qu’on n’était pas qualifié, a déploré Micheline Alcindor, qui est au nombre des travailleurs licenciés en mars. Les femmes se sont senties humiliées et diminuées. On se bat pour elles, pour dire que la discrimination, ça ne fait pas partie de notre job.»

Le groupe attend la conclusion de l’enquête de la CDPDJ pour savoir si une poursuite sera intentée contre le CRDITED de Montréal. Si un recours judiciaire est possible, les anciens employés entendent réclamer 20 000 $ en dommages moraux et punitifs pour chaque personne en plus des salaires et avantages sociaux rétroactifs. En tout, près de 6 M$ pourraient être réclamés en guise de réparation.

«Nous espérons que ce cas aura un impact important non seulement sur le plan des droits de la personne, mais aussi sur celui du réseau de la santé, où on observe une dévalorisation de la main d’œuvre, particulièrement lorsqu’elle est féminine et immigrante, a indiqué Fo Niemi, directeur général du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), qui a obtenu le mandat de représenter les anciens travailleurs du CRDITED. Nous espérons que ce cas fera jurisprudence et forcera ultimement l’état à revoir la façon d’octroyer les contrats au secteur privé.»

La menace de poursuite qui plane au-dessus du Centre Lisette-Dupras a grandement surpris le directeur général de l’établissement, Louis-Marie Marsan. «Pour nous, il n’y a pas eu de discrimination, a-t-il expliqué. Nous avons affiché 130 postes, 58 d’entre eux ont été comblés par les anciens employés des agences alors que les autres ont été comblés à la suite d’affichages. Tout le monde avait la possibilité de postuler.»

Quant aux salaires plus faibles octroyés aux employés embauchés par les agences SAD et SAPH, le Centre Lisette-Dupras a expliqué qu’il n’était pas imputable, la responsabilité incombant plutôt aux agences, qui ont cessé leurs activités au cours des derniers mois.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.