Mikhaïl Gorbatchev plaide pour un monde uni
Un homme qui a changé le monde. Voilà comment l’ancien président de l’URSS et principal architecte de la fin de la Guerre froide Mikhaïl Gorbatchev a été introduit lors d’une conférence organisée par la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain (CCMM) au Palais des congrès de Montréal, vendredi.
Invité à parler de la Russie dans un monde globalisé, le prix Nobel de la paix et instigateur de la perestroïka (reconstruction) et de la Glasnost (transparence), s’est dit déçu de voir ce qui est en train de se passer dans le monde aujourd’hui. «Dans un monde aussi interdépendant, il n’y a pas un seul pays qui peut aspirer à la prospérité sans l’aide des autres pays», a-t-il affirmé.
M. Gorbatchev a parlé de certains échecs du passé qui ont encore aujourd’hui des répercussions malheureuses. Après la fin de la guerre froide, « les États-Unis se sont imposés comme la seule grande puissance. Mais de bâtir un grand empire est devenu lourd à porter. Le résultat aujourd’hui, c’est que le monde n’est pas sécuritaire. Les conflits se sont répandus. Au lieu de nous retrouver avec un nouvel ordre mondial, on se retrouve avec une mondialisation des conflits.»
Il est aussi revenu sur ses années de dirigeant soviétique et a expliqué le processus qui l’a mené, lui et le président des États-Unis de l’époque Ronald Reagan, vers un accord pour réduire de 50 % leurs arsenaux nucléaires.
Dans une allocution faite complètement en russe, il a abordé plusieurs autres sujets comme les anomalies climatiques, l’arrivée de la Chine et de l’Inde dans l’échiquier politique et économique mondial ou des turbulences dans le monde arabe. Durant l’entretien avec Brian Mulroney, modéré par Michael Fortier, qui suivait son allocution, M. Gorbatchev s’est fait questionner sur l’occupation en Afghanistan. «Il faut se retirer de l’Afghanistan! a-t-il dit sans hésitation. Vous pouvez y laisser les négociateurs, mais pas l’armée.»
Il a terminé en avançant que la Russie devait absolument continuer de jouer un rôle important dans les relations internationales. Il a toutefois admis avoir ouvertement critiqué le régime actuel qui exerce, entre autres, un grand contrôle sur les médias électroniques et sur la tournure des élections.
«Notre objectif devrait être de développer un nouveau partenariat, une nouvelle coopération entre la Russie, l’Europe, les États-Unis. Je suis un éternel optimiste», vous savez» a-t-il terminé.
Bio
Ancien secrétaire général du Parti communiste, il a présidé l’Union soviétique de 1985 à 1991.
En 1990, il s’est vu remettre le prix Nobel de la paix pour son leadership
En 1991, il a créé la Fondation Gorbatchev , un organisme éducationnel international pour les sciences politiques et socioéconomiques.
Il crée la Croix verte internationale en 1993, un OSBL qui a pour mission de se pencher sur les problèmes
environnementaux qui transcendent les frontières nationales.
À la suite de sa démission du poste de président de l’URSS, M.
Gorbatchev n’a jamais complètement délaissé la scène politique.
Copropriétaire du journal d’opposition Novaïa Gazeta, il a tenté à trois
reprises depuis de créer un parti politique d’importance en Russie.
Source: Chambre de commerce du Montréal métropolitain