Hausse importante des cégépiens en difficulté
De 2005 à 2009, le nombre de cégépiens ayant des besoins particuliers a explosé, passant de 1260 à 4709, indique une étude réalisée par la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). Or, seulement un dixième de ces étudiants atteints d’un handicap physique, d’un trouble d’apprentissage ou d’un problème de santé mentale demandent de l’aide, a fait savoir le président de l’organisation, Léo Bureau-Blouin.
Comment expliquez-vous cette hausse des étudiants en difficulté au cégep?
Dans la foulée du renouveau pédagogique, au primaire et au secondaire, on s’est mis à diagnostiquer plus et mieux les élèves qui avaient des difficultés d’apprentissage. En en diagnostiquant plus, on constate donc une augmentation de ces élèves au collégial. Aussi, les écoles primaires et secondaires ont l’obligation de faire des plans individuels d’intervention pour accompagner les jeunes et assurer leur réussite. On peut penser que cela a eu un effet positif sur la persévérance scolaire de ces jeunes.
Présentement, est-ce que les cégeps offrent des services à ces étudiants?
C’est très disparate d’un cégep à l’autre. Certains cégeps ont obtenu des ressources particulières du ministère de l’Éducation pour développer des programmes ambitieux d’intégration des élèves en difficulté. Il y a le Cégep du Vieux-Montréal, le Cégep de Sainte-Foy et le Collège Dawson. Cependant, dans les autres cégeps, on se rend compte que les gens ne connaissent pas le phénomène et qu’ils n’ont pas les ressources pour offrir des ressources aux étudiants.
La FECQ propose notamment de faciliter le transfert du dossier des jeunes de l’école secondaire au collégial, de produire de nouveaux plans d’intervention et de donner les moyens aux cégeps d’offrir davantage de services. Vos recommandations visent en fait à reconduire les mesures qui sont prises dans les écoles secondaires dans les cégeps…
Il y a beaucoup d’initiatives qui sont présentes dans les écoles primaires et secondaires qu’on pourrait mettre en place au cégep. On propose d’intégrer à 100% les étudiants à besoins particuliers dans les classes ordinaires. Pour les étudiants ayant des troubles auditifs par exemple, on suggère de les regrouper ensemble dans les cours de communication (anglais, français, littérature et philosophie). On pense qu’on pourrait peut-être assumer un peu mieux leurs besoins. Mais ce n’est pas une mesure obligatoire ou coercitive, c’est une suggestion.
Avez-vous chiffré vos recommandations?
Au début de l’hiver, on dévoilera une deuxième partie de notre étude dans laquelle on sera plus à même d’évaluer les nécessités au niveau financier. Mais il ne faut pas faire de cachette, quand on veut offrir davantage de services, ça prend des ressources adéquates.
La FECQ veut encourager ces étudiants en difficulté à étudier et à obtenir un diplôme, mais avez-vous réfléchi à leur entrée sur le marché du travail?
Les étudiants ayant des besoins particuliers se placent en emploi de manière équivalente aux étudiants qui sont sans besoin particulier. Au niveau collégial, on veut leur fournir des outils pour mieux réussir. À l’étudiant dyslexique, on pourrait par exemple lui offrir plus de temps pour terminer un examen ou un support informatique pour son épreuve uniforme de français. Ce genre d’outil pourra aussi lui être utile sur le marché du travail. Les étudiants développent aussi au fil du temps de nouvelles aptitudes et plus d’autonomie. Les troubles d’apprentissage et d’attention s’estompent dans la vie adulte.