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Quatre rêves pour Montréal

À l’heure d’une élection très contestée sur fond de corruption, de copinage et d’infrastructures chancelantes, François Cardinal, éditorialiste à la Presse et très intéressé à la métropole, tentera de remédier au pessimisme des Montréalais en lançant mercredi un recueil d’essais, «Rêver Montréal : 101 idées pour relancer la métropole». Un ouvrage qu’il a entrepris en collaboration avec 80 intervenants provenant de tous les niveaux de la vie montréalaise : politiciens, artistes, chercheurs et journalistes. Métro s’est entretenu au téléphone avec lui.

OPTIMISME
M. Cardinal comprend le pessimisme de certains Montréalais. Il aimerait pourtant nuancer les regards sombres qu’on y jette. «Montréal est aujourd’hui dans une situation beaucoup plus enviable qu’elle l’était il y a 10 ans, mais le problème est qu’on a trop le nez collé dans les cônes oranges et la Commission Charbonneau pour le voir», lance-t-il.

La multiplication des chantiers de construction est un signe d’un ravivement du développement, selon M. Cardinal. «Quand on prend le temps de distinguer la Ville (avec un grand V) et la ville (avec un petit v), ça va beaucoup mieux qu’on pense. Si l’administration, la Ville, a ses problèmes, la ville, elle, au quotidien, va très bien», pense-t-il.

TRANSPORT
La question de l’amélioration des transports figure au premier plan des préoccupations de M. Cardinal pour Montréal. «C’est sûrement la plainte numéro un des Montréalais et des gens qui sont de passage. En même temps, l’économie même de la ville dépend de la mobilité, suggère-t-il. La vile d’après-guerre, développée en fonction de l’automobile, a montré ses limites».

Le Service rapide par bus (SRB), serait, croit M. Cardinal, une bonne solution à court et moyen terme pour convenir aux besoins des Montréalais car «il coûte très peu cher, il s’implante très rapidement généralement et est très flexible, explique-t-il. Il deviendrait à terme l’équivalent d’un métro de surface».

POLITIQUE
L’île de Montréal est «cadenassée» aux partis politiques provinciaux, croit M. Cardinal, ce qui a pour effet qu’ils semblent peu enclins à courtiser la métropole et d’y investir. «Montréal est soit prise pour acquise par les libéraux, soit considérée comme perdue par les péquistes, déplore-t-il. La solution passe par un leadership fort. Les habitudes électorales dse Montréalais ne changeront pas demain matin. Il faut que le maire de Montréal soit assez fort pour se faire entendre à Québec».

Outre faire preuve de leadership, M. Cardinal aimerait que les candidats à la mairie suggèrent des stratégies pour réduire la bureaucratie de la Ville et d’avantage impliquer les citoyens dans la vie de leur communauté.

DÉVELOPPEMENT
Pour M. Cardinal, le développement à Montréal s’est fait de manière trop pêle-mêle, au gré des développeurs, plutôt qu’à celui d’une planification étroite. Ceci donne naissance à un décalage entre l’offre et la demande en habitation, ce qui en pousse certains à quitter la ville, quand ils ne parviennent pas à trouver un logement qui leur plaise.

Selon l’auteur, l’exemple du District Griffin, plus gros projet immobilier à Montréal, illustre son argument, car il devient en quelque sorte un «ghetto» de jeunes professionnels, aux dépens des familles. «Griffintown est un échec total. On a attendu que les développeurs débarquent avec leurs projets, et on leur a déroulé le tapis rouge, en leur disant, « faites ce que vous voulez »», laisse-t-il tomber.

«Ce qu’il faut à Montréal, c’est oser un meilleur encadrement du développement urbain», ajoute-t-il.

Deux idées
De toutes les idées proposées par les 80 participants à son recueil, François Cardinal en favorise deux.

Mettre fin à la culture du plus bas soumissionnaire, idée de l’ancien président de l’Ordre des architectes, André Bourassa. «Ça fait des années qu’on choisit les bâtiments en prenant les moins chers, et ça donne une ville assez fade, pense M. Cardinal. Avec le nouveau pont Champlain qui s’en vient, il serait très important de lancer un concours d’architecture et d’ingénierie pour avoir non pas le pont le moins cher, mais le meilleur projet».

Plus d’autonomie pour Montréal, proposé par Jean-Paul L’Allier, ancien maire de Québec. «Il y a tellement de maîtres autour de Montréal, que ce soit le premier ministre, ministre des Affaires municipales, le ministre responsable des Transports… si on ajoute à ça le maire et les maires d’arrondissement, il y a tellement de chefs qui prennent des décisions, qu’il n’y a pas de vraies décisions qui se prennent», illustre M. Cardinal.

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