PMAD: les villes s'entendent sur leur avenir
Après plusieurs mois de discussions, 82 villes se sont entendues sur une vision commune de l’avenir du Grand Montréal pour les 20 prochaines années. Effectivement, 27 des 28 membres du conseil de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) ont voté jeudi en faveur d’un plan d’aménagement de développement du Grand Montréal (PMAD).
Dans ce plan, le CMM établit des orientations en matière d’environnement, de transport et d’aménagement. Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a expliqué les objectifs du plan, mais a surtout insisté sur la fierté d’avoir conclu une entente avec presque tous les membres du conseil.
En matière d’environnement, le CMM entend protéger 17% des milieux forestiers, et aquatiques du Grand Montréal, la trame verte et bleue réclamée par des environnementalistes.
De plus, 40% de la croissance des villes sera concentrée dans un rayon d’un kilomètre des réseaux de transport en commun. «Et si le financement pour le transport en commun suit, on pourrait aller jusqu’à 60% », a déclaré M. Tremblay.
Les municipalités se donnent aussi pour objectif d’augmenter à 30% la part des déplacements en transport en commun à l’heure de pointe d’ici 2021. «C’est un plan ambitieux, le défi est maintenant de le mettre en œuvre », a déclaré M.Tremblay.
Maintenant que les villes ont convenu d’un plan, le gouvernement du Québec à 180 jours pour l’approuver. «La première étape était de s’entendre sur une vision et ensuite il faudra voir comment elle sera financée» a ajouté M. Tremblay. En novembre dernier, le CMM affirmait que pour réaliser son plan, le gouvernement devait revoir le régime fiscal des municipalités.
Un premier pas dans la bonne direction
Même si plusieurs personnes s’entendent pour dire que le contenu du PMAD n’est pas mauvais, tous n’iraient pas jusqu’à le qualifier d’ambitieux, à l’instar du maire Gérald Tremblay.
En ce qui concerne l’augmentation à 30% des déplacements en transport en commun, le Centre d’écologie urbaine de Montréal n’est pas impressionné. Dans le plan, on peut lire que ce pourcentage était de 25% en 2008. Il s’agit donc d’un objectif de 5%. «Cette cible est très peu ambitieuse», explique Luc Rabouin, directeur-général du centre.
Quant au seuil de densité de 40% autour des aires de transport en commun, le Centre d’écologie urbaine de Montréal croit qu’il demeure trop faible pour renverser la tendance de l’étalement urbain.
Par ailleurs, le gel d’un périmètre d’urbanisation avait divisé les municipalités, au printemps, particulièrement la couronne nord qui avait quitté la table du conseil.
L’union des producteurs agricoles (UPA) considérait que ce gel est nécessaire pour préserver les terres agricoles. La couronne nord affirmait que cela nuirait au développement des villes.
Si un gel est implicite dans ce plan, il ouvre toutefois la porte aux exceptions.«Cette reconnaissance implicite quant à l’urgence de mettre fin à l’urbanisation anarchique du territoire n’est malheureusement pas accompagnée d’un gel du dézonage jusqu’à la fin du PMAD (2031)», réagit l’UPA dans un communiqué.
Ce compromis a toutefois été suffisant pour rallier la couronne nord. «Ce n’est pas un document parfait, mais c’est un très bon point de départ», indique Jean-Marc Robitaille, maire de Terrebonne et membre du CMM.
Vaudreuil-Soulanges est la seule MRC à avoir rejeté le plan en invoquant qu’il ne répondait pas aux besoins de sa population. [Le plan] favorise […] un éparpillement des institutions de la région, perpétuant un modèle de développement urbain axé sur l’automobile», a déclaré M. Guy Pilon, représentant de la MRC au CMM.
Quant à Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, qui avait critiqué le PMAD lors des consultations publiques, il constate que les principes énoncés dans le plan sont bons, mais que la question du financement reste à régler.
En novembre dernier, le CMM affirmait que pour réaliser son plan, le gouvernement provincial devait revoir le régime fiscal des municipalités.