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Retour dans le Montréal de 1920 à 1969

Revisiter en photos le Montréal des années 1920 aux années 1960, c’est ce que proposent les Archives de Montréal, qui ont été puiser dans la banque d’images des photographes de la Ville. Et pour­quoi cette période? L’année 1920 correspond à l’embauche du premier photographe municipal, et 1969, à la fin de l’utilisation du noir et blanc. Incursion dans la vie de nos prédécesseurs.

Un bon Kik glacé!
Déjà en 1926, Montréal avait une attitude défiante face à Coca-Cola. Soixante ans avant le fameux slogan «Ici c’est Pepsi», la ville vibrait au goût du Kik Cola. La boisson fabriquée rue Villeray était partout, sur les façades des restaurants, dans les vitrines des épiceries et dans les journaux.

Notons que Kik Cola faisait sa promotion en français, alors que Coca-Cola communiquait en anglais. Même si on était 50 ans avant la Loi 101, cela explique peut-être son succès. «C’est amusant de voir que le Kik Cola vient de faire sa réapparition au Sri Lanka», note Mario Robert, chef de la section des Archives à la Ville de Montréal.

Le cirque arrive en ville
L’arrivée, en 1967, du cirque américain Ringling Bros and Barnum & Bailey, à la veille du 325e anniver­saire de la Ville, ne passe pas inaperçue.

Aujourd’hui, si Montréal emboîtait le pas aux principales villes allemandes, ce genre d’image deviendrait impossible. Ces villes ont en effet adopté des règlements interdisant sur leur territoire les cirques utilisant les animaux de grande taille (éléphants, girafes, ours, hippopotames, par exemple). Ce règlement s’est imposé en raison des conditions de vie difficiles des animaux.

Les premières charrues
Dans les années 1930, l’achat des premiers chasse-neige cause bien des remous. D’un côté, il y a ceux qui clament que ces nouveaux véhicules seront bien plus efficaces. De l’autre, ceux qui pensent que les véhicules vont mettre en péril «l’ouvrage aux chômeurs hivernaux», décrété pour donner du travail aux plus démunis, alors que la récession frappe de plein fouet, notent les auteurs.

Idées à recycler

  • Concours de pêche au Lac aux castors. Ne pas faire comme en 1963, alors que les organisateurs avaient oublié d’ensemencer des perchaudes dans le lac.
  • Péages sur le pont Jacques-Cartier. Ils avaient été retirés en 1962 pour éviter les bouchons. Avec la technologie actuelle, plus besoin de guérites.
  • Ski sur le Mont-Royal. À quand le retour des pistes de ski, des tire-fesses et des balades en traîneau à cheval sur la montagne?
  • Concerts en haut du Belvédère. Quand on voit l’écart entre la qualité du site et son état actuel, il y aurait vraiment quelque chose à faire.

Montrer la vie
Entrevue avec Mario Robert, chef de la section des Archives à la Ville de Montréal

Qu’est-ce qui n’a pas changé à Montréal depuis les années 1920?
Même s’il y a eu des moments difficiles, les Montréalais aiment Montréal et l’ont toujours aimé. Proba­blement parce que pendant des années, la Ville était présente dans bien des aspects de la vie des Montréalais, comme par exemple la santé publique ou l’encadrement des chômeurs. Mais aussi parce que la Ville a toujours fait une grande place aux spectacles et aux activités récréatives. On voit qu’il existait déjà à l’époque un goût pour les rassemblements.

Qu’est-ce qui, de la période actuelle, aura de l’intérêt dans 50 ans?
C’est dur de dire ce qui intéressera les historiens dans 50 ans, car les courants évoluent. On estime aussi que seulement 4% de ce qui est produit par une administration publique a une valeur historique. On insiste actuellement beaucoup plus sur la vie de quartier, contrairement à l’époque, où les photogra­phes se concentraient sur le centre-ville. Cela pourrait avoir une certaine valeur dans le futur, de même que la place qu’a désormais pris l’environnement dans nos vies.  L’évolution actuelle du centre-ville avec les nombreux édifices qui sont en train de se construire est aussi un des éléments à prendre en compte.

Quelle est la photo la plus poignante selon vous?
Celle de ce groupe d’hommes qui attendent de pouvoir entrer au refuge Meurling, pendant la récession des années 1930. La plupart tournent le dos à la caméra par honte d’être identifiés. Avec la rangée de barbelés d’un côté et les policiers de l’autre, c’est troublant. 

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