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Hausse du rôle d’évaluation: Montréal interpellera l’UMQ

La Ville de Montréal entend interpeller l’Union des municipalités du Québec (UMQ) pour lancer un chantier de réflexion sur les impacts des hausses du rôle d’évaluation.

Mercredi, lors de la réunion du comité exécutif, la présidente, Josée Duplessis, qui est aussi une élue du Plateau-Mont-Royal, s’est dite préoccupée par les propriétaires montréalais qui peinent à s’acquitter de leur facture de taxes foncières qui augmentent d’année en année et qui envisagent de quitter la métropole. «Il va falloir [prendre des mesures] parce que la mixité sociale, il n’y en aura plus», a-t-elle affirmé.

Son collègue, Benoit Dorais, qui est vice-président du comité exécutif, a proposé de saisir l’UMQ et le gouvernement du Québec sur les enjeux entourant les hausses des rôles d’évaluation. «C’est une approche que toutes les villes devraient soutenir», a répondu le directeur général de Montréal, Robert Lamontagne. Mme Duplessis compte entreprendre des démarches avec le maire de Montréal, Laurent Blanchard, d’ici les prochaines élections municipales.

Vision Montréal croit pour sa part qu’une réflexion doit s’engager sur l’ensemble de la fiscalité municipale. «C’est un enjeu majeur pour ce qui est de l’accès à la propriété et la viabilité financière de nos municipalités», a dit la conseillère de Saint-Henri-Petite-Bourgogne-Pointe-Saint-Charles, Véronique Fournier. Elle pense d’ailleurs que la Ville de Montréal peut aussi faire sa part en attendant en bonifiant les programmes d’accès à la propriété et en modifiant la fiscalité des coopératives.

S’il s’empare du pouvoir le 3 novembre prochain, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, propose de son côté de contenir les augmentations de taxes des propriétaires montréalais, comme ce qui se fait à L’Île-du-Prince-Édouard. «À partir d’un certain moment, les taxes [des propriétaires] seraient indexées au niveau de l’inflation, a-t-il expliqué. Elles seraient réajustées à la hausse au moment de la revente. Les propriétaires rembourseraient la différence au moment où ils vendraient leur maison.»

M. Bergeron a déploré que des secteurs plus riches, comme Baie-D’Urfé, Dorval et Senneville aient droit aux plus basses augmentations du rôle d’évaluation. «On assiste à un transfert du fardeau fiscal des communautés les plus riches de l’île de Montréal vers les communautés qui ont été historiquement les plus pauvres», a-t-il mentionné.

Le maire de Plateau-Mont-Royal, Luc Fernandez, a dénoncé la spéculation qui a pour effet de rehausser la valeur des propriétés de son arrondissement. «Les contribuables du Plateau subissent une double injustice, a-t-il mentionne. D’abord, les services de proximité de leur arrondissement ne sont pas à la hauteur de ce qu’ils paient, parce que le budget de fonctionnement octroyé par la Ville, qui a été gelé pendant de nombreuses années, ne bénéficie pas de cette croissance. Ensuite, ils doivent assumer dans une proportion toujours plus grande le gouffre financier que représente la Ville.» M. Fernandez a demandé que des mesures correctives soient rapidement envisagées.

Quant au candidat à la mairie, Denis Coderre, il a suggéré plutôt de prolonger la durée du rôle d’évaluation pour que du même coup, sa période d’amortissement s’en trouve allonger. Il s’est aussi dit inquiet par les personnes dont les revenus sont fixes. Il veut trouver des solutions, mais avant de le faire, il veut analyser dans son ensemble les impacts du rôle d’évaluation.

À court terme, M. Coderre n’est pas chaud à l’idée de saisir l’UMQ de ses questions de fiscalités municipales. Selon lui, la métropole du Québec doit montrer l’exemple.

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