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Un déraillement qui fait jaser

Deux mois après le déraillement de six wa­gons d’un train de marchandises sur une voie du Canadien National (CN), des citoyens montréalais demandent à l’entreprise de revoir certaines de ses pratiques.

L’accident a eu lieu le 24 septembre, dans le quartier Pointe-Saint-Charles, au sud de la station de métro Charlevoix. «Il n’y a pas eu de blessés et on a été chanceux qu’ils ne contenaient pas de matières dangereuses, car le déraillement s’est passé en plein milieu du quartier», explique Karine Triollet, coordonatrice pour Action Gardien. Cet organisme pi­lo­tait hier une assemblée publique réunissant citoyens du secteur et élus de l’arrondissement du Sud-Ouest.

S’il ne remettent pas en question les activités ferroviaires dans leur quartier, les citoyens demandent notamment au CN de participer à la mise en place d’un comité de gestion de risque, afin d’améliorer les relations entre les parties. «Quand il y a un accident, l’entreprise ne donne jamais de détails à moins que ce soit grave. Il y aurait pourtant des avantages à faire plus de communication en amont», croit Mme Triollet.

«On est ouvert à participer à ce type de comité, cela a déjà été fait ailleurs», répond un porte-parole du CN. Pour diminuer le bruit et les risques, les citoyens, regroupés depuis dix ans au sein de l’association Nous et les trains, demandent au CN d’envisager l’utilisation du tracé au sud de l’arrondissement. Le CN écarte pour l’instant cette possibilité, notamment pour des raisons techniques et de coût. «On reste ouvert mais il faudrait déterminer qui paierait pour la mise à niveau», précise t-on du côté du CN.

Chaque jour, il passe environ 50 trains dans le quartier, dont une trentaine de trains de marchandises. Ces derniers peuvent contenir jusqu’à 150 wagons, mettant alors jusqu’à sept minutes pour passer. On y trouve aussi une gare de triage satellite des wagons qui termine ses opérations vers minuit.

Une étude de conformité sonore, réalisée par le CN en 2009, indiquait un taux allant jusqu’à 70 dB dans le secteur, soit 15 dB de plus que le maximum conseillé par la Société canadienne d’hypothèque et de logement. Un système de graissage des voies a été mis en place pour limiter les inconvénients.

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